I WISH – FAITES UN VŒU de John R. Leonetti, frère cadet du maire d'Antibes [résumé] & [critique]

Publié le par Odi-Wan

I WISH – FAITES UN VŒU, pourquoi ?

Toujours plus loin, toujours plus con, toujours plus fort, après le titre anglais "traduit" par un autre titre en anglais pour l'exploitation française (VERY BAD TRIP, AMERICAN NIGHTMARE...), voici le titre en anglais, toujours "traduit" en anglais et sous-titré en français ! Alors est-ce parce que le film s'adresse à un public jeune ? Parce qu'il essaie de se mettre au niveau ? Parce c'est évident que c'est complètement abruti un jeune ? Parce que ça claque niveau sonorité ?...

Toujours est-il que WISH UPON qui devient "I wish – Faites un voeu", ÇA-N'EST-PAS-POSSIBLE !!!!! Exemple :

I WISH – FAITES UN VŒU de John R. Leonetti, frère cadet du maire d'Antibes [résumé] & [critique]

Imaginons.

HÉROÏNE : I wish...
VILAINE BOIBOITE CHINOISE MALÉFIQUE : Make a wish, *mouahahahaha* (rire sardonique qui ne met absolument pas la puce à l'oreille de l'intéressée).

On reste en anglais, tout va bien, sauf que ça fait deux fois "wish"... NON ! Mais Non !!! Ça ne va pas bien du tout : l'autre tâcheronne s'apprête à formuler son vœu et on l'invite alors à en faire un, c'est complètement débile !!!! Ou alors ça donne : I WISH – OUI, C'EST ÇA, VAS-Y, FAIS UN VŒU *MOUAHAHAHAHA* (mais ça reste un peu bizarre comme titre).

H : Je souhaite...
VBCM : Faites un vœu *petite révérence pleine de déférence soumise puis demi-tour discret et regard caméra avec sourire cruel qui signifie "mais oui, Maitresse, je vous en prie, faites donc un vœu, vous allez voir comment je vais bien vous la faire à l'envers *mouahahahaha*".

Oui, je sais, c'est une boite et elle ne peut pas se tourner et faire un regard caméra (cela-dit, elle réussira bien, plus tard, à se libérer de ses chaînes, sans doute à l'aide de ses petits poings vengeurs et musclés). Mais c'est toujours le même problème de sens. Littéralement. Dans l'ordre des phrases.

H : Je souhaite...
VBCM : Fais un vœu.

Pareil. En moins poli.

H : Nous souhaitons...
VBCM : Faites un vœu.

Pareil, mais à plusieurs. Ou par un Roi de France.

VBCM : Faites un vœu.
H : I wish...

Pourquoi elle parle en anglais cette conne ?

Donc soit vous virez le "I wish" et le titre devient FAITES UN VŒU (très bien, ok, c'est une invitation malfaisante et universelle, parfait). Soit vous virez ce putain de "faites un vœu" et ne gardez que I WISH qui, il est vrai, sonnera mieux pour tous mes connards de compatriotes infoutus de parler une autre langue que la leur (c'est bien connu).

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I WISH – FAITES UN VŒU, le résumé avec pas trop de spoilers dedans (enfin pas plus que dans la bande-annonce qui spoile déjà quasiment la moitié des morts).

Bref. Passé le léger fussoir provoqué par le titre, qu'en est-il du film en lui-même ?

I WISH – FAITES UN VŒU, c'est l'histoire de Claire, la fausse Chloe Grace Moretz d'INDEPENDENCE DAY 2. Quand elle était petite, alors qu'elle rentrait de son (très) petit tour en vélo, elle a retrouvé sa mère (qui venait tout juste de jeter un mystérieux objet dans la poubelle devant leur pavillon) pendue dans le grenier.

Quelques années de psychanalyse plus tard, nous la retrouvons dans la même maison décrépie, avec son petit vélo dans la même position et exactement à la même place que là où elle l'avait laissé choir comme une merde lorsqu'elle était enfant. Parce que c'est important de continuer à habiter dans la maison du traumatisme initial.

Elle est pauvre, son père fait les poubelles avec son pote pour trouver de la ferraille, elle se déplace en vélo (un autre, plus grand), porte des tenues vestimentaires jetables, a des copines sympas, sincères mais aussi impopulaires qu'elle...

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... c'est l'archétype de la looseuse, la risée du bahut et le souffre-douleur de sa petite star (qui, quant à elle, est riche, blonde, qui dort avec un soutif et un lissage brésilien). Bref, elle est : "la moche".

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Et forcément, elle est amoureuse de Paul, le beau gosse du lycée, un grand type aussi blond, looké et superficiel que la méchante avec le charme d'une truite morte, quand son copain friendzoné d'office, Ryan, est 100 fois plus charismatique et séduisant (forcément, là aussi, compteur à poncifs de teen-movie enclenché).

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Un beau jour, le papa de Claire (qui, malgré la barbe, a toujours la même tête de gamin que dans SEXE INTENTIONS... comme quoi le cinéma, ça conserve) trouve une boite étrange avec des inscriptions chinoises dessus dans la poubelle devant une immense baraque flippante. Comme sa fille suit un cours de chinois, il décide que ce serait trop une super bonne idée de la lui offrir pour son anniversaire. Et comme les concepteurs de la boite étaient de vils petits farceurs, ils ont écrit la notice d'utilisation à moitié en chinois courant (mais lequel ?), et à moitié en chinois archaïque (mais lequel ?!?), pile-poil dans le but de niquouiller les abrutis qui n'auraient une connaissance langagière que partielle. Claire réussit donc à lire qu'elle a droit à sept vœux. Et elle ne se pose pas la question de ce que peuvent bien vouloir signifier toutes ces putain d'autres inscriptions qu'elle n'arrive pas à déchiffrer ! Non, non. Elle va utiliser le bordel en se disant balec et yolo...

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Bon ok, je suis peut-être un peu médisante : c'est vrai qu'elle va demander à son prof... qui ne saura pas répondre, évidemment, afin d'introduire le personnage de Ryan la friendzone et de sa cousine mi-prostipute-arty-geisha-cosplay-manga-(c'est pas la même culture mais on s'en bat les steaks)-experte-en-chinois-archaïque-mais-pas-trop (histoire de faire durer le suspens concernant la traduction d'une des parties des inscriptions les plus importantes). Donc elle a une excuse, la pépette, d'y aller franco comme une grosse buse !

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Cela-dit en a-t-elle réellement besoin ?... Je m'explique :

Mettons qu'on vous offre une boite sur laquelle il serait explicitement écrit (dans une langue que vous savez lire, tant qu'à faire) :

Coucou !
Tu as le droit à sept vœux et pour chaque vœu réalisé, une personne de ton entourage crèvera de façon violente.
Si tu te débarrasses de moi, tous tes souhaits déjà réalisés se déréaliseront aussitôt parce qu'y faudrait songer à pas trop me prendre pour un jambon.
Ah oui ! J'allais oublier : en plus de tout ça, quand tu auras formulé tes sept vœux, tu auras l'obligeance de te suicider afin que je puisse usufruiter de ton âme.
Cordialement.
Bisous.
Ta boite.

Peut-être hésiterez-vous une fraction de seconde entre la balancer loin-loin-loin ou la refiler à quelqu'un que vous ne pouvez pas saquer (si vous êtes un gros psychopathe).

Admettons maintenant que, en toute connaissance de cause concernant le côté un brin mortifère de la chose, vous soyez une ado passablement traumatisée par le décès aussi précoce qu'inopiné de votre mère, que vous soyez à la fois intrinsèquement égoïste et égocentrique (comme tout ado qui se respecte... comme tout être humain ?), mais que, par le biais d'une humiliation quotidienne et d'une existence merdique, vous ayez également une estime de vous-même au ras des pâquerettes. Bien. Quel serait alors votre premier vœu ?

Parce qu'étant donné son background, elle n'a même pas besoin de l'excuse de la notice lacunaire et imbitable, la Claire, pour plonger tête la première dans le piège ! Et même sans ça : rien que le narcissisme explique et justifie l'usage de la boiboite maléfique. Mais c'est sûr que ça la rendrait nettement moins sympathique qu'ainsi enlisée dans plein d'autres trucs provoquant l'empathie.

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Donc chaque fois qu'elle va faire un vœu (pour sa gueule les vœux hein, on est pas chez Miss France), quelqu'un de son entourage mourra. Et tant qu'on ne lui mettra pas le nez dans la bouse avec la traduction manquante, elle ne fera pas le rapprochement... À moins qu'elle ne soit pas égoïste en fait. Juste conne.

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Ou tout simplement butée comme une grosse merde totalement bouchée à l'émeri ! Et qu'elle soit la seule gamine américaine qui n'a pas vu ce grand documentaire sur les souhaits réalisé par Disney en 1993...

Parce que si elle existent, ces règles, c'est qu'il y a bien une raison. Et que, du coup, il n'est pas vraiment besoin d'un quelconque démon asiatique à la con pour démontrer que les voeux ont un prix (conséquences survolées avec le personnage de Paul, ce qui n'était pas entièrement stupide, un peu comme dans DANGEREUSE ALLIANCE du reste)...

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Et puis en plus, les boîtes à musique c'est naturellement flippant de toutes façons.

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Ajoutons à ça un clébard offert par sa défunte maman, un tonton milliardaire, une voisine bienveillante qui nouait des queues de cerises avec sa langue dans TWIN PEAKS, des dialogues sortis de nulle part...

Ryan, chialant après avoir rageusement jeté la masse avec laquelle il essayait vainement de casser la boite :
C'était ma meilleure amie !

La... boite ? La... masse ?

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... ou tout simplement surréalistes...

Non mais t'es guedin ?!

Guedin ?... Sérieux ? En 2017 ?

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Ryan (après avoir découvert le petit alinéa 26b du guide d'utilisation de la boite présentant les menus désagréments liés à la réalisation des vœux et en avoir fait part à Claire) :
– Combien as-tu fait de vœux ?
– 5.
– Et combien de personnes sont mortes ?

Sublime.

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... une boiboite qui, au bout d'un moment, agit comme l'anneau unique de William Sauron (pas besoin les gars : l'égoïsme se suffit à lui-même, on a dit...) et des filles qui, lorsqu'elles ont trois ronds devant elles, vont systématiquement chez l'esthéticienne puis se ruiner dans des boutiques de luxe pour ensuite se gaver de sushis et de cup cakes (vraiment ? TOUTES les filles font ça ?!?)...

Où l'on s'aperçoit qu'en réalité, le problème, ce n'est pas tant qu'elle soit pauvre, c'est surtout qu'elle a un goût de chiotte en matière de fringues.

I WISH – FAITES UN VŒU, l'avis subjectivement individuel rien qu'à moi, perso :

Et bien si vous mélangez le tout, avec un poil d'humour et de dérision, vous obtiendrez une sorte de JUMANJI franchement trash, qui se situerait plus sur le registre de la bonne teen-comédie horrifique que sur celui du film d'épouvante, mais en moins obsédé du cul qu'un LOVE BITE ou qu'un ZOMBEAVERS.

En effet, I WISH – FAITES UN VŒU serait carrément beaucoup plus un film dans la lignée de la franchise DESTINATION FINALE dont il affiche clairement être le digne héritier et dont la fin annonce d'ailleurs une suite. Parce que le concept est déclinable à l'envi : à partir du moment où on a pigé le truc, le jeu consiste à découvrir qui va mourir et comment, exactement comme les personnages rattrapés par la mort dans la précédente saga.

En résulte un film plutôt sympathique à regarder, rigolo, prévisible certes et pas vraiment effrayant, mais un chouette divertissement au final, qui ne se prend pas pour autre chose qu'il n'est...

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À partir du moment où on ne se met pas à réfléchir à de grandes questions existentielles. Ou à réfléchir tout court.

Peut-on considérer que si vous êtes en rémission d'une grave maladie, vous avez déjoué la mort ? Et si oui, cela veut-il dire que la mort est très colère et qu'elle va vouloir vous rattraper ?

Et là, ça devient vraiment flippant.

Publié dans film, horreur, comedie, teen

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