INTERSTELLAR ou quand Nolan fait son 2001 [critique & tentative de résumé]

Publié le par Odi-Wan

INTERSTELLAR ou quand Nolan fait son 2001 [critique & tentative de résumé]

Un film très long, très dense, très alambiqué, qui plaira aux amoureux du genre, celui qui ronge le cerveau avec des théories incompréhensibles sur l'espace-temps.

INTERSTELLAR ou quand Nolan fait son 2001 [critique & tentative de résumé]

Mais Nolan, malgré de très bonnes idées et un talent indéniable pour les mettre en image, n'est pas Kubrick, peut être justement parce qu'il ne laisse planer aucun doute et finit par se montrer trop explicatif (tout en se prenant maintes fois les pieds dans le tapis), moins philosophique, moins métaphysique, moins poétique aussi.

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C'est donc l'histoire d'un mec, Joseph Cooper (Mattew McConaughey en phase terminale d'une quelconque MST), qui a une fille (et un fils aussi mais tout le monde s'en tamponne, lui le premier).

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Bon alors, ok, il lui a donné un prénom prédestiné, Murphy, en hommage à la célèbre loi du même nom, celle de l'emmerdement maximum donc.

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Et pour cause : sur Terre, c'est la grosse loose. L'humanité est plus ou moins condamnée à court terme à s'éteindre dans un gros nuage de sable et de poussière, tout le monde souffre de graves problèmes respiratoires, la NASA a glissé la clé sous la porte, ses ingénieurs sont devenus des fermiers et il n'y a plus aucun espoir.

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Passons sur le fait que la Murphy parle à un fantôme qui déplace des trucs dans la bibliothèque et que son père, tout débordé qu'il est avec le travail aux champs et ses rêves brisés d'ex-scientifique de l'ingénierie aérospatiale ne songe pas 2 minutes à l'emmener consulter un psy ou un exorciste.

Bref. Ils arrivent à décrypter un algorithme lâché par le fantôme et se retrouvent dans une base secrète de la NASA qui avait pas vraiment cessé toute activité (petits cachotiers).

Et là ils apprennent qu'il existe un projet top-secret visant à déplacer la population terrestre vers une nouvelle planète habitable.

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Le problème c'est qu'ils ont un peu perdu le contact avec les types qui étaient partis en mission pour visiter la galaxie à la recherche de la-dite planète (c'est loin, faut passer par un trou de ver, y'a un problème d'espace-temps tout ça tout ça).

Et la NASA a besoin d'un pilote pour conduire la navette qui doit aller faire la tournée des points de chute de la première mission.

Et, le hasard faisant quand même vachement bien les choses, le Joseph, il était un peu pilote avant de conduire un tracteur.

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Alors il décide d'abandonner ses gosses pour essayer de les sauver (eux et l'humanité dans la foulée).

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Après avoir fait des adieux déchirants à sa fille (qui lui dit que le fantôme lui a envoyé un nouveau message : "reste"), et lui avoir promis de revenir avant qu'elle ait atteint son âge (parce qu'il faut expliquer qu'entre le recours à la cryogénisation histoire de moins se faire chier pendant le voyage (et éviter de tuer tout le monde au bout de la 72000ème partie de belote) et le temps qui ne s'étire pas tout à fait pareil dans l'espace (en fonction de la proximité d'un trou noir ou autre), tout le monde vieillira sur Terre mais pas eux... enfin moins quoi), il s'embarque donc avec 2 autres gars et Amelia Brand (Anne Hathaway), la fille du scientifique zinzin qui a pondu le projet (qui se dit qu'elle va peut-être pouvoir retrouver son amoureux vu qu'il faisait partie de la première expédition) et des éprouvettes d'embryons congelés, au cas où le plan A (le transfert de la population terrestre) viendrait à foirer, afin de repeupler la nouvelle planète avec des humains tout frais (et là, d'emblée, on sent bien que ça pue).

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Ils visitent donc une première planète toute pleine de flotte avec des vagues de 1200 kilomètres de haut (où Nolan peut s'en donner à cœur joie niveau verticalité, comme dans Inception).

Là ils se rendent compte :

1) que la nana ne donnait plus signe de vie parce qu'elle est un peu morte.

2) que ça va pas être possible de s'installer là.

3) que les très-très grosses vagues, c'est un peu dangereux vu qu'ils perdent un membre de l'équipage dans la foulée.

4) que la notion de temps à proximité d'un trou noir est toute relative étant donné qu'ils n'ont passé que quelques heures sur la planète mais que quand ils rejoignent le vaisseau-mère, le coéquipier qu'ils y avaient laissé ("tu bouges pas, je vais juste acheter des clopes et je reviens") les attendait depuis 23 piges.

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Pendant ce temps (à Vera Cruz), la Murphy a bien grandi, elle est devenue Jessica Chastain et elle bosse à la Nasa à la résolution de l'équation sur la gravité qui permettrait d'évacuer la population terrestre avec le père d'Amelia, qui lui a bien vieilli. Tellement vieilli que sur son lit de mort, il annonce à Murphy que le plan B (celui des Mister Freeze humains) était en fait le plan A et qu'il a menti comme un gros sagouin (on l'avait pas vu venir celle-là...).

Ensuite, dans le vaisseau, ils reçoivent (enfin) des messages de leurs proches sur Terre : la séquence émotion bien chiale avec tout plein de relativité du sens de la vie dedans, un condensé d'un quart de siècle en 3mn et 5 messages où Joseph apprend coup sur coup que son fils se marie, qu'il a un bébé, que le bébé meurt, que son beau-père meurt, qu'il a un autre bébé (ça l'émeut un peu mais pas trop) et enfin il voit apparaître le visage de Murphy.

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Et là c'est les grandes eaux : elle lui dit qu'il avait promis de revenir avant qu'elle ait son âge, que comme c'est son anniversaire, que la promesse est arrivée à expiration, elle a un peu les boules et que le professeur a raconté des conneries. Alors le Joseph a lui aussi bien les boules.

Ils sont ensuite face à un choix cornélien : aller sur une deuxième planète qui émet encore un signal ou aller sur une troisième (celle où est sensé se trouver le mec d'Amelia) mais qui n'émet plus depuis un bail (bien que la notion de bail soit encore plus vague ici).

Malgré une tentative de plaidoyer désespéré d'Amelia sur l'importance de l'amour dans ce monde de merde, les mecs lui disent de calmer sa joie et ils font route vers la planète où il n'y a pas son chéri (on s'est tous bien fait mettre dans l'histoire alors on voit pas pourquoi toi tu aurais droit au bonheur, merde).

Là, après la flotte, la glace ("connaître les différents état de l'eau", acquis... Ouais bon ok, il manque la vapeur mais on peut dès lors supposer que la 3ème planète est un hammam).

Ils découvrent que l'explorateur de la première mission est toujours vivant dans son caisson d'hibernation.

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Il leur fait croire qu'ils sont sur un nuage glacé mais qu'en-dessous y'a une surface qui pourrait être habitable mais en fait après il essaie de tuer le Joseph, fait sauter le deuxième gars restant de l'équipage et s'enfuit pour rejoindre le vaisseau-mère tout en leur disant "ha ha ah, j'vous ai bien eu, c'était une ruse : y'a pas de surface, na-na-nère !".

Là on peut quand même s'interroger sur le bien-fondé de son délire : si son but c'était d'être sauvé, une fois l'équipe arrivée, pourquoi continuer à mentir et tenter de buter tout le monde ? (L'espace a ses raisons que la raison ignore)

Bref le méchant meurt en essayant de s'arrimer au vaisseau et Amelia et Joseph décident d'envoyer un robot dans le trou noir pour collecter des informations quantiques afin d'aider Murphy à résoudre l'équation qui sauvera l'humanité (ils ne lâchent pas l'affaire quoi).

Mais le Joseph a un autre plan : il décide lui aussi d'aller dans le trou noir.

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S'ensuit une séquence amplement pompée sur "2001, l'odyssée de l'espace" et le Joseph se retrouve dans une dimension parallèle en forme de tesseract derrière la bibliothèque de la chambre de Murphy qui se répète à l'infini. Il revoit la scène où il apprend à sa fille qu'il va l'abandonner et là, ô surprise, il tente de s'en auto-dissuader en s'envoyant un message codé à travers la paroi : le fameux "reste" du fantôme. Et là, la boucle est bouclée.

Et à la fin...
il décide de communiquer à Murphy les données qui l'aideront à résoudre son équation, la dimension parallèle se referme et il se réveille dans un lit d'hôpital. Le-dit hosto se trouve dans une sorte de module spatial cylindrique (et encore un petit coup de verticalité) où y'a plein d'humains qui habitent. Il apprend que Murphy a réussi à déplacer la population terrestre qui vit dans plusieurs de ces modules en attendant de pouvoir coloniser une nouvelle planète (et de la pourrir). Il revoit enfin sa fille, très âgée, sur son lit de mort (qu'est-il advenu de son fils et de sa famille ? Tout le monde s'en cogne) et il est tout content parce qu'il a fini par tenir sa promesse (tout ça pour ça). Et après il s'en va rejoindre Amelia qui elle est partie sur la fameuse 3ème planète (celle où y avait son mec et qui avait cessé d'émettre), planète qui s'avère être viable pour l'espèce humaine.
INTERSTELLAR ou quand Nolan fait son 2001 [critique & tentative de résumé]

Publié dans film, SF, résumé, spoiler

Commenter cet article

coucousine 28/06/2015 21:08

ce résumé est un bijou.Question: Murphy enfant ne serait-elle pas Renesmée? Si c'est le cas,il faut relire le film...

Elo 28/06/2015 23:18

Le relire sous le signe de la jouta ? Tout rigolo que le film puisse être, ça ne fonctionnera malheureusement pas... Personne ne s'imprègne, sauf peut-être le père avec sa fille... Et là on surclasse tout !

Nio 28/06/2015 20:56

Il fut un temps où j'étais très fan de Nolan (et je le suis encore un peu car j'ai tous ses films en DVD ou blu) mais au fur et à mesure de ses gros projets pharaoniques avec le temps passant, le symptôme "je suis très sérieux, je fais un cinéma de rigueur donc je me dois de tout expliquer, quitte à vous prendre un peu pour des glands", m'est passé dessus. Et le voilà le coeur du problème, à force de rester dans un cinéma sérieux et donc qui se veut à tout prix adulte, il en réfute la poésie, l'onirisme, la fascination.

J'adore Le prestige et The dark knight car dedans, Nolan se lâche. Dans le premier, un élèment purement fantastique ? Miracle il ne l'explique pas (et puis bonheur, y'a Bowie). Le second quand à lui à son grain de folie distillée tout le long grâce au Joker qui vient gripper le sérieux de l'ensemble. A côté Begins et Rises sont bien pâles.

Il y a un passage fabuleux pourtant dans Interstellar où, magie, Nolan se laisse enfin aller, pour délivrer un passage contemplatif aux abords de Jupiter avec un walkman qui fait passer en fond le bruit de la pluie. Un passage à la Tarkovski, beau, pur, simple. Voilà l'essence du cinéma qui d'un coup investit le corps de Nolan.

Malheureusement après il retombe dans ses travers avec la seconde partie du film et l'antagoniste un brin méchant qu'on voyait venir à 100 km. Alors que le film était déjà passionnant sans avoir à rajouter un méchant. Rhalàlà Christopher, quand comprendras-tu ? :D

Elo 06/07/2015 00:53

Knight pas Night ! Putain de correcteur !

Elo 06/07/2015 00:51

Bien d'accord avec toi (même si mon analyse est nettement moins intelligente et/ou référencée... Bon en même temps, chui pas là pour ça mais pour écrire des conneries).
Sur The Dark Night, l'interprétation d'Heath Ledger est magistrale (rendons à César ce qui est à César) mais il ne faut pas minimiser l'importance du Nolan qui lui a offert ce rôle sur un plateau (ben quoi ? c'est un peu lui qui l'a écrit ce rôle non ?)... bon ok, un autre aurait pu en faire de la merde, c'est vrai aussi.
Pour ce qui est d'Interstellar, il y a des moments de pur bonheur mais on a tout de même le sentiment que si ça dure 4 plombes, c'est pas pour faire du contemplatif métaphysique ou de la philo à la Kubrick, mais pour complexifier une histoire qui n'est pas si compliquée que ça. Comme si dans son cahier des charges de réalisateur qui fait des films "à théories" y'avait la case "pondre un scenar qui va me faire perdre la moitié du public... Mais quand même penser à tout bien expliquer pour que ça reste bankable"...

stéph 28/06/2015 17:07

à la base j'avais envie de le voir... mais là je suis toute embrouillée! C'était pas possible de faire plus simple!!!! ou alors je suis très très fatiguée..... :)

Elo 28/06/2015 17:41

Nolan est coutumier du fait donc on sait un peu à quoi s'attendre mais bon là, 2h49 quand même quoi...