L'ATTAQUE DE LA POM-POM GIRL GÉANTE de Kevin O'Neill [critique]

Publié le par Odi-Wan

L'ATTAQUE DE LA POM-POM GIRL GÉANTE de Kevin O'Neill [critique]

Il s'agit là d'une étude très sérieuse, une sorte de documentaire sur les bouleversements hormonaux chez une aspirante Cheerleader...

Ainsi, cette fresque nous narre l'histoire de Cassie.

Cassie porte des lunettes, Cassie est assistante dans le labo de chimie de l'université, Cassie a les cheveux crades, Cassie est une nerd, Cassie a des boutons... Bref, Cassie est moche (ou en tout cas, elle en a toute la panoplie).

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Mais nous, comme on n'est pas trop cons (et pas du tout de gros obsédés sexuels), on l'a vu bien vu, le gros potentiel bombasse de la Cassie derrière son déguisement de geekette pas crédible pour deux ronds...

Alors c'est vrai que, contrairement à 90% des teen movies, elle ne fait pas qu'enlever ses lunettes pour devenir un avion de chasse.

Non là, elle s'injecte tout de même un sérum de démochisation (c'est incroyable les trucs qu'ils arrivent à bidouiller dans les universités américaines, alors même que dans les labos privés avec des budgets équivalents au PIB de plusieurs états africains, ils n'arrivent pas à d'aussi bons résultats).

Mais pourquoi fait-elle donc cela, me direz-vous, prendre tous ces risques inconsidérés à l'endroit de sa santé physique, alors qu'il aurait juste fallu qu'elle commence par se laver les cheveux et changer de fringues (ou les enlever, directement) ?

Et bien c'est là que le film prend toute sa dimension sociale et dramatique :

Tout ça, c'est la faute à sa maman (sorte de connasse intersidérale, qui ne jure que par l'apparence et ne juge que la forme et non le fond).

Tout ça, c'est pour plaire à cette ancienne greluche ultra populaire de cette même université, ex-pouffiasse en chef de sa sororité et des pom pom girls.

Tout ça, c'est pour qu'elle soit enfin fière de sa fifille (parce qu'avoir une rejetone intelligente, ni superficielle ni artificielle (même si les fringues moches ne peuvent pas éternellement masquer à nos yeux aguerris une poitrine si généreusement siliconée) et habillée comme un merde, c'est quand même trop la honte quoi, niveau aboutissement maternel)...

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Le sérum la demochise donc, lui donne (forcément) confiance en elle et lui ouvre aussi grand les portes de la sororité tant convoitée et des pom pom girls dans la foulée, clubs très fermés s'il en est et tous deux gérés par la même bande de bonnasses à très grandes bouches collagénées (restriction de budget niveau casting ou toutes les autres actrices prêtes à se montrer à poil face caméra étaient déjà embauchées pour des rôles de prostituées sur le plateau de Game of thrones ?).

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Mais le sérum va s'avérer avoir quelques menus effets secondaires...

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Alors outre le titre qui était déjà une performance en soi, que se passe-t-il vraiment dans tout ce joyeux foutoir ? (non parce que c'est bien beau d'avoir une idée de départ grandiose, encore faut-il en faire quelque chose ensuite)

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Et bien, tout y est :

- des comédiennes au jeu d'actrice aussi vaste que le feulement, le "Duck face", et le feulement en faisant un "Duck face"... Ah oui et le hurlement suraigu hystérique aussi... et la pose lascive et/ou suggestive ultra naturelle ;

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- de l'utilisation abusive de la chirurgie esthétique et de la nudité féminine frontale donc ;

- du dialogue surnaturel ("je me passerais bien d'un bain de merde") et très classe ("J'te jure que si tu rates ça, j'me fais des chaussures avec la peau de tes bourses") ;

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- du gros décalage à la limite de la faille spatio-temporelle avec de la vulgarité "3ème millénaire" mâtinée de morceaux d'érotisme très 80's ;

- du geek forcément moche (ben oui, il a des lunettes lui aussi) mais gentil ;

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- de la colloc gotico-emo-maraîchère avec mèche à la "Twilight sparkle" des Little Pony et tatouages decalco Malabar (tellement qu'ils sont tout baveux à la fin) ;

- du trivial avec du yodel intravaginal (pour, comment dire, symboliser l'immensité du truc ?) et la baston finale topless (et sa fameuse prise de la cravate de notaire) ;

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- des Zeta Mu qui sont victimes du syndrome Tara Reid, c'est-à-dire qu'elles ont l'air d'avoir 35 ans alors qu'elles en ont 25 (l'abus d'UV, d'alcool, de teuf et de bistouri nuirait donc gravement à la qualité de la peau... Comment ? Non, je ne suis pas jalouse), recrutées sur leur capacité à ouvrir leur bouche en très grand ;

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- de l'impression que tout a été fait en une prise (non mais les gars sans déconner, c'est pas du théâtre : si c'est mauvais vous avez le droit de recommencer !) qui renforce ce sentiment constant d'amateurisme calculé...

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Mais surtout, c'est truffé de petits clins d'œil disséminés ici et là, en arrière plan (affiches de films d'invasions de grosses bestioles mutantes, références visuelles aux classiques du genre, baston de mascottes, pédicure au Ripolin...).

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C'est glauque, c'est très con, les féministes pourront allègrement hurler à l'avilissement total de la femme-objet (ou un truc du genre) mais c'est aussi et surtout incroyablement potache.

Un nanar bien libidineux plutôt rigolo en somme... Mais bon, c'est sûr qu'il faut aimer le tuning.

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Une question demeure tout de même : où est donc passée la souris ?

Cassie Stratford, apprentie pom-pom girl, s’injecte un traitement expérimental censé lui permettre de devenir assez belle et sportive pour intégrer l’équipe de pom-pom girls de son université. Seulement, le traitement a un effet secondaire qu’elle n’avait prévu : Cassie commence à grandir sans pouvoir s’arrêter...

Program Store

Réalisé par : Kevin O'Neill / Genre : Comédie, action, nanar / Nationalité : USA.

Casting : Jena Sims, Sean Young, Ryan Merriman, Olivia Alexander...

Date de sortie en vidéo : 05 Mai 2015 / Durée : 1h23min

Publié dans nanar, grosse bestiole, comédie, SF

Commenter cet article

coucousine 24/04/2015 07:51

Si le "potache"est un sujet anthropologique (ce que je pense: reve éveillé de défoulement outrancier),alors critique hystérique est notre Claude Levi-Strauss

Nio 21/04/2015 10:34

Toutes ces cavités buccales dans un seul et même film lui-même assez déviant, il y a de quoi penser des choses pas très catholiques. Euh, bon je sors.... je reviendrais quand j'aurais un commentaire plus subtil et intelligent à formuler (mon dieu, on est que mardi). °_°

*faut que je vois ce film*

Elo 21/04/2015 21:56

Et oui : le voir, tu dois :)

Elo 21/04/2015 21:56

De là à voir dans toute cette fine équipe une représentation métaphorique d'un vaste parcours de golf, il n'y a qu'un pas... Que je ne franchirai pas, évidemment ^_^