LA GUEULE QUE TU MÉRITES de Miguel Gomes [critique]

Publié le par Odi-Wan

LA GUEULE QUE TU MÉRITES de Miguel Gomes [critique]

Wow wow wow !!!!

Qu'est-ce que c'est que ce truc ?!?

Si l'on a, par la force des choses, complètement arrêté la drogue et l'alcool, il devient très compliqué d'adhérer au projet de cet OFNI surréaliste...

" Francisco, comporte-toi bien ! Je sais que c'est ton anniversaire, que tu as trente ans maintenant, que c'est le carnaval et que tu t'es déguisé en cow-boy pour ta fête de l'école, que tu es entouré de gosses que tu hais... Mais ce n'est pas une raison pour tirer la gueule. Francisco, répète après moi : "Jusqu'à trente ans, tu as la gueule que Dieu t'a confiée. Après cela, tu as la gueule que tu mérites" ".

Ou comment se faire avoir par le pitch...

Pourtant cette idée de départ fort réaliste (voire véridique) donnait vachement envie et ça aurait vraiment pu donner un film marrant s'il y avait eu une histoire... Ou un truc s'en approchant vaguement... Ou juste un tout petit peu de sens, de cohérence... Ou si tout simplement le personnage principal avait été un tout petit moins antipathique...

J'explique :

LA GUEULE QUE TU MÉRITES de Miguel Gomes [critique]

D'entrée de jeu, on devient méfiant étant donné comment le réalisateur se la pète magistralement dans l'interview du livret qui accompagne le coffret DVD (sorti le 3 décembre 2013 et édité par Shellac - cf page Facebook) à faire du name dropping sur toutes ses sources d'inspiration (les pauvres), à montrer comment il est trop bien cultivé à avoir maté tout plein de films super subtils (ou alors c'est juste qu'il a traversé une longue période de chômage et qu'ils n'ont ni Motus ni NRJ12 au Portugal) et à théoriser sur le sens profond de ses films (si si, il y en a un apparemment)... Alors si c'est un peu lui, le personnage que l'on retrouve ici et qui refuse de grandir, normal qu'il soit aussi insupportable. Parce que, merde, ce personnage est tout sauf attachant... Je crois même qu'on peut le dire : c'est un méga gros con !

On en connaît tous (quand on n'appartient pas nous-mêmes à cette catégorie d'ailleurs), des trentenaires qui n'ont pas envie de se conformer, de faire semblant d'être ce qu'ils ne sont pas (genre des "grandes personnes"), de s'obliger à paraître sérieux et responsables tout le temps, qui font un boulot qui les fait chier (dans l'enseignement comme le héros par exemple) et qui ne souhaitent pas être catalogués "adultes" sans pour autant être une caricature d'eux-mêmes, à se comporter comme des connards de gosses (en minaudant avec des moues à gerber... et à gifler), capricieux, hautains, imbuvables, menteurs et injustes avec leur entourage (on se demande d'ailleurs ce que les gonzesses lui trouvent à ce type... Sont-elles si désespérées ?).

LA GUEULE QUE TU MÉRITES de Miguel Gomes [critique]

De plus, sur le départ, c'est visuellement et esthétiquement criard et moche (un peu comme une école d'ailleurs) avec un aspect irréel qui m'épatera toujours : le "je me mets à chanter d'un coup d'un seul sans aucun rapport avec la choucroute et sans que ça surprenne personne"... Et puis, je ne sais pas si le gros cliché est volontaire mais il semblerait que les portugais viennent de découvrir les années 70 niveau vestimentaire et déco.

Voilà juste pour la première partie du film (un court métrage quasi-indépendant du reste -voire carrément indépendant du point de vue de la forme- de même pas 30mn).

LA GUEULE QUE TU MÉRITES de Miguel Gomes [critique]

S'ensuit une longue, très longue, deuxième partie d'au moins 4h (ressenties) où le héros désormais invisible se la joue Blanche-neige convalescente dans sa maison dans les bois avec sept grands couillons dans le rôle des nains thérapeutes.

Alors certes, au début c'était sympa, l'énonciation des règles en voix off, mais franchement, pour ce que le réalisateur en fait au final, il faut s'accrocher pour ne pas avoir envie de mourir en regardant ces mecs jouer aux mômes : c'est tellement mou, tellement incohérent, tellement incompréhensible, tellement chiant que ça en deviendrait douloureux, physiquement... Même La grande croisade (qui se posait là niveau navet) était passionnante en comparaison, car elle avait le mérite d'être au moins involontairement drôle ! Ou alors, c'est voulu si Cinetrafic envoie les 2 films en package pour l'opération DVDtrafic : il faudrait donc s'adonner corps et âmes au jeu à boire sur "La grande croisade", et une fois que vous êtes bien torchés, mater "La gueule que tu mérites"... Là vous êtes à peu près sûrs de vous taper le trip de votre vie !

Alors peut-être qu'il faut être suffisamment fortiche en tradition orale portugaise pour ne pas louper plein de trucs super intelligents sur les références à leurs versions des contes traditionnels. Ou bien ne pas être complètement hermétique à ce genre de cinéma pseudo-philosophique à messages vachement bien cachés parce que sinon on ne comprendra rien (et pire que tout, on n'aura pas du tout envie de chercher à comprendre ! ). Ou encore, au vu des critiques presse dithyrambiques (oui j'ai craqué : je l'ai "allocinéifié" pour être sûre), il faudrait être assez intelligent, cultivé et suffisamment raffiné pour comprendre les références ultra chiadées qui donnent toute sa puissance de feu au film (un peu comme avec le maniérisme de Sofia Coppola ou de Terrence Malick : niveau raffinement, quand on éructe pas suffisamment d'arcs-en-ciel à paillettes, on ne peut décemment pas évoluer dans les mêmes (strato)sphères)...

Un trip ultra personnel au final, dans lequel peu d'élus, donc, pourront pénétrer intellectuellement (Désolée, je suis complètement passée à côté... et pourtant c'est pas faute d'avoir essayé !).

Publié dans film, dvdtrafic

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Lemeditant 30/03/2014 12:10

Les sens trop profonds dans les films c'est comme quand ça gratte les fesses : si il faut chercher trop loin, ça sent la merde.

Loutre Joviale 30/03/2014 12:26

Voilà, pas mieux !