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LA VOLANTE de Christophe Ali & Nicolas Bonilauri [critique]

C'est l'histoire d'un type qui fout sa vie en l'air sur une seconde d'inattention au volant alors qu'il conduisait sa femme à la maternité, seconde durant laquelle il percute de plein fouet un jeune homme. C'est aussi et surtout l'histoire d'une mère très légèrement abusive qui décide, 9 ans après le drame (le temps de se retaper une santé physique mais pas tout à fait mentale en HP), de se venger de ce pauvre type qui a malencontreusement buté son fils. Et pour ce faire, elle devient volante (c'est un peu le même principe que goal volant mais version secrétaire). Et comme par hasard, de qui donc elle devient l'assistante ? Du gars en question (ben ouais, c'est bien fait la nature... Et puis sinon ç'eut été un peu con aussi). Et une assistante redoutablement efficace... Et intrusive... Peut-être un peu trop pour être honnête d'ailleurs ?

Bien avant son rôle de travelo chez Dolan, nous voilà face à une Nathalie Baye qui gère le deuil de façon particulièrement hystérique, mais dont l'hystérie ne sonne pas trop-trop juste, précisément... Où on se dit que finalement, niveau perte d'un enfant dans un accident de bagnole, Emmanuelle Seigner et Kool Shen n'étaient pas si dégueu...

Bon, cela-dit, étant donné que la Nathalie est quasiment de toutes les scènes (c'est un peu le principe quand on essaie de truster la vie de quelqu'un en fait), si elle jouait vraiment tout comme une savate, le film en serait carrément insupportable. Et ce n'est pas le cas.

Alors même s'il n'y a pas de quoi fouetter un chat (le pauvre), ce n'est pas totalement déplaisant non plus, loin de là... Enfin pour qui aime le genre bon gros drame français qui lorgne dangereusement sur LIAISON FATALE ou LA MAIN SUR LE BERCEAU... Bref sur ces thrillers psychologiques américains des années 90 qui parlaient de vengeances de névrosées obsessionnelles et psychotiques... Tout pareil mais 20 ans après et à la française, en somme.

Et ce qui est très étrange et déroutant c'est que le film tient parfois plus du téléfilm que du véritable cinéma dans sa façon de montrer les interactions des personnages en milieu professionnel mais qu'il réussit pourtant à d'autres moments à créer un vrai climat de tension de par sa réalisation et l'utilisation plutôt subtile de la musique... Et ce malgré un final "Stephane Plaza", où on se demande si les réalisateurs ne cherchaient pas à vendre cette jolie maison.

LA VOLANTE de Christophe Ali & Nicolas Bonilauri [critique]

En bonus du DVD (sorti le 5 janvier 2016 et édité par Bac films), outre trois bandes annonces (dont celle du film), on découvre des scènes coupées avec en didascalie le pourquoi du comment les réalisateurs ont opéré ces choix plutôt judicieux pour la plupart d'ailleurs... Bien que, du coup, le rapprochement avec Liliane la secrétaire (il y avait des fans du Petit Journal au scénario ?) tombe un peu comme un cheveu sur la soupe :

Salut, j'me barre en plein milieu de mes heures de boulot, tu prends mes appels et tu me couvres.
– oh ben oui, bien sûr !

Et tu veux pas 100 balles, un Mars, le beurre, l'argent du beurre, le sourire et le cul de la crémière aussi ?

Mais on découvre aussi que Nathalie Baye catatonique et sans maquillage ressemble à s'y méprendre à Chantal Lauby. Et ça c'est véritablement important.

Un film qu'il est bien mais pas top mais qui fait tout de même partie des films à découvrir.

Et si vous n'êtes pas convaincus, retrouvez les films qu'il faut voir absolument sur Cinetrafic !

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