LE CHEVAL DE SAINT NICOLAS de Mischa Kamp [critique] (marathon Dvdtrafic jour 13)

Publié le par Odie soit qui mal y pense

LE CHEVAL DE SAINT NICOLAS de Mischa Kamp [critique] (marathon Dvdtrafic jour 13)

Non, mais non, mais non !!! Ça n'est pas possible d'écrire des horreurs sur un film pareil : c'est beaucoup trop mignon-choupikawai-petite tête penchée sur le côté !!!!!

Déjà, c'est l'histoire de Winky, petite chinoise de 6 ans, qui s'en va quitter sa terre natale avec sa maman pour rejoindre son papa qui a ouvert un resto dans un joli petit bourg des Pays-Bas depuis 3 ans.

Non mais vous entendez ça ? Qu'est-ce que c'est que ce film où les parents ne sont même pas divorcés ? Où les gens s'aiment et s'attendent ? Où les familles sont unies et protectrices sans être totalement étouffantes ? Où on ne va pas nous en faire des containers sur les difficultés ressenties durant ces trois années d'éloignement forcé ? Où les gens se retrouvent et sont heureux d'être de nouveau ensemble ? Où tout le monde s'entraide et tire dans le même sens ? Où les gens ne sont pas que reproches balancés à la gueule ?

Winky reçoit un vélo en cadeau de bienvenue (on est en Hollande hein) et, de ci de là cahin caha, elle se retrouve au bord d'un pré où paît tranquillement un poney. Elle va se lier d'amitié avec l'équidé ainsi que ses propriétaires.

Mais depuis quand est-ce que les gens sont-ils profondément bienveillants ? Et dans quel monde merveilleux trouve-t-on parfaitement normal qu'une enfant s'introduise illégalement dans un champs sans la dézinguer à la chevrotine ?

Winky fait la connaissance de ses voisins, dont la fille, Sofie, se fait cartonner par Samir, qui fait aussi livreur, serveur et conseiller en communication pour son papa...

Mais qu'est-ce que c'est que cette réalisatrice qui parvient à me faire regretter d'avoir balancé une saloperie bien vulgaire sur cette histoire adorable d'un amour naissant, beau, frais et pur ? Qu'est-ce que c'est que cette nana qui ne pointe pas ostensiblement les origines de son personnage ? Qu'est-ce que c'est que ce film où les gens sont intégrés, où ils ne sont pas revendicatifs, où ils vivent ensemble, où personne n'est haineux ? Qu'est-ce que c'est que ce mec totalement désarmant avec ses cheveux et ses yeux de fille, et son sourire charmeur permanent qui lui donne l'impression d'être tout le temps défoncé ?

LE CHEVAL DE SAINT NICOLAS de Mischa Kamp [critique] (marathon Dvdtrafic jour 13)

Dans sa nouvelle école, outre l'alphabet latin, le néerlandais, la lecture, une BFF et une espèce de petite tête de noeud, Winky va découvrir l'existence de Saint Nicolas.

Quoi ?!? Vous voulez dire que certaines coutumes religieuses sont des faits culturels à part entière ? Que ces faits culturels peuvent être suffisamment fédérateurs pour être vecteurs voire garants de partage et d'intégration ? Qu'on peut absorber les us et coutumes de son nouveau pays sans en oublier ses racines ? Qu'il existe des contrées où tout le monde est affable sans être complaisant (et sans donner l'impression de se forcer en plus) et où personne n'est raciste (bon à part un gamin... Mais c'est juste parce qu'il est con en fait) ?

Et comme son ami le poney va avoir légèrement maille à partir avec la mort et qu'elle va se retrouver en manque de cheval, Winky va souhaiter très fort que le vieux barbu lui en apporte un (vanne sur les lasagnes interdites).

LE CHEVAL DE SAINT NICOLAS de Mischa Kamp [critique] (marathon Dvdtrafic jour 13)

On peut donc ne pas mentir aux enfants (ou alors juste un peu, pour qu'ils restent encore des enfants, pour qu'il y ait encore de la magie dans leurs vies) ? On n'est pas obligés de raconter des conneries de ferme du bonheur ? On a le droit de leur parler de la mort sans concession ?...

Euh... Mais attendez... COMMENT ??!!!!?? Il y a des classes de CP où il n'y a qu'une seule gamine qui souhaite avoir un cheval ?!?!!???????!!!

Bref, vous l'aurez compris, toute tentative de salir ce film serait au mieux malhonnête, au pire complément vaine.

Allez... Même pas une petite blagounette sur le stéréotype du travail des enfants asiatiques lorsque Winky aide son père au resto ou sur l'hypothétique lubricité des œillades que lui lance Saint Nicolas ? Non, même pas.

LE CHEVAL DE SAINT NICOLAS de Mischa Kamp [critique] (marathon Dvdtrafic jour 13)

Ça n'est peut-être pas du "grand" cinéma mais c'est un joli conte pas complètement mièvre ni condescendant et suffisamment subtil dans son traitement des croyances pour ne pas flinguer celles de vos enfants pour Noel & co.

Une sorte de bulle d'oxygène, à la fois irréelle et pourtant réaliste, un peu niaise (forcément) mais pas trop, un peu fantastique, qui couve ses personnages d'un regard empreint d'une tendresse communicative.

LE CHEVAL DE SAINT NICOLAS de Mischa Kamp [critique] (marathon Dvdtrafic jour 13)
LE CHEVAL DE SAINT NICOLAS

Réalisé par : Mischa Kamp / Genre : comédie dramatique / Nationalité : belge, néerlandais / Éditeur : Les films du paradoxe

Casting : Ebbie Tam, Aaron Wan, Hanyi Han, Betty Schuurman, Jan Decleir, Mamoun Elyounoussi...

Date de sortie en vidéo : 10 Novembre 2015 / Durée : 1h36min

Publié dans film, enfants, Dvdtrafic, Noël

Commenter cet article

Franck 24/04/2016 08:37

C'est la première fois que je viens sur votre blog. J'aime bien le cinéma, ça me détend après le boulot (même si j'adore mon travail). Je vois pas mal d'enfant dans mon métier et je vois souvent leurs yeux briller, comme cette petite avec son cheval et Saint-Nicolas.

adèle 24/04/2016 08:35

Je confirme le regard lubrique du père noël. D'autant plus que les peuples asiatiques sont assez portés sur une "sexualité particulière" (cf livres d'Agnès Giard ainsi que son blog : "les 400 culs"). Dans ce commentaires, blog ciné oblige, on peut lire deux références ciné en filigrane...trouverez-vous lesquelles?

coucousine 24/04/2016 08:31

J'aodre la référence Jurassic parc!

refman 24/04/2016 08:30

Vous avez raison, des films avec des enfants est toujours une prise de risque. Tous les enfants n'ont pas le sens du jeu de la petite "Ponette" de Doillon (les prix d'interprétation ont parfois un sens). Souvent le réalisateur mise sur la guimauve enfantine, sans parvenir au degré de sensibilité de Comenccini (dans l'incompris notamment). Enfin, personne ne pourra égaler M. Antonioni qui dans "El grido", ajoute un enfant à son esthétique d'images en mouvement.

LéaS 21/04/2016 21:42

La Kawaï attitude vous va bien. Vous savez capter l'essence, l'âme des film, et vous avez raison sans guimauve et avec un tentinet de mièvrerie, c'est joli la non-trash mood et ça repose pour voir avec des yeux lavés.

FD 21/04/2016 21:37

J'ai eu un problème de commentaire ( envoyé avant de l'avoir achevé donc annule et remplace).
Je crois que c'est parfaitement le type de film que j'aimerai voir. Vous en parlez bien, vous en parlez très bien et vous soulignez les topics majeures qui sont pour moi fondamentale : l'acceptation des différences, la boenveillance et devenir soi ( comme Po dans Kung Fu Panda 3, j'ai des références

Odie soit qui mal y pense 23/04/2016 17:04

Je m'en suis rendu compte c'est pourquoi j'ai supprimé le commentaire inachevé.
Les films pour enfants peuvent très souvent être pervertis par une vision adulte à double voire triple sens (voire plus). Mais ce film-là possède une telle sincérité qu'il en devient presque impossible à railler ("presque" car tout comme la vie, la perversion "trouve toujours un chemin", Jurassic Park - moi aussi j'ai de bonnes références ^^).