LE HOBBIT 3 : LA BATAILLE DES CINQ ARMÉES de Peter Jackson [critique]

Publié le par Odi-Wan

LE HOBBIT 3 : LA BATAILLE DES CINQ ARMÉES  de Peter Jackson [critique]

Il est là, il est sorti, il est tout chaud, il est en DVD et en BluRay, l'ultime opus de la trilogie du Hobbit et (peut-être mais rien n'est moins sûr) des tribulations de Peter Jackson en Terre du milieu !

Alors, est-ce une forme de lassitude ou une véritable erreur de production mais, il ne se passe finalement pas grand-chose ici (et je prierai les puristes de me réserver un châtiment clément... telle qu'une mort rapide par exemple).

En gros, là où l'on attendait une sorte d'apothéose totale, une fois que Smaug a anéanti Lac-Ville (il était en panne d'inspiration Tolkien ?) et qu'il s'est fait assez rapidement laminer la gueule par Bard, que les nains ont récupéré le trésor planqué sous la montagne Solitaire et qu'on a pigé que chacun (les elfes, les hommes, les orques, les mange-terre), pour des raisons aussi diverses que variées, veut tout ou partie du gâteau, ça reste plus ou moins 2 bonnes heures de baston improbable avec :

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- de la décapitation en chaîne (pratiques les bois du cerf de Thranduil, pour s'en faire 8 d'un coup : ça fait comme un râtelier)

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- du coup de boule de nain nue-tête (on passera sur la fausse calvitie de Dwalin digne des pires costumes de série Z) contre armure (même pas mal !)

- et de la capoeira elfique (parce qu'ils le valent bien)

Le tout dans le seul but de leur piquer le pognon...

Où l'on a parfois (souvent ?) envie de prendre la manette et d'appuyer sur tous les boutons histoire de participer un peu (ah les petits sauts de cabris de Legolas, de pierre en pierre, sur la tour-pont qui se désagrège... "Appuie sur A ! Sur Aaaaaaaaa !!!")

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En même temps, le film s'appelle "La bataille des cinq armées" donc quelque part, il n'y a pas tromperie sur la marchandise...

Mais sinon, à part ça, de quoi ça parle ?

Et bien, de cupidité (comment ? Un très gros tas de pièces d'or serait susceptible de faire vriller la créature la plus droite et honnête ?), de lâcheté (comment ? Le risque de se voir mourir dans d'atroces souffrances serait susceptible de pousser un être, déjà bien félon sur les bords, à légèrement déserter ?), d'amour interracial (comment ? Une elfe peut s'éprendre d'un nain et vice-versa et ça plait moyennement à tout le monde ?) et d'abnégation forcenée malgré l'adversité et l'entremise d'un certain magicien (comment ? Legolas s'accroche désespérément à Tauriel comme une moule à son rocher, même après 12000 râteaux ?).

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Le titre, le réalisateur, l'univers de Tolkien, bref tout fleurait fort bon...

Et pourtant, ça ne vaut définitivement pas le Seigneur des anneaux (ni même Star Wars I II III dans le genre préquel, malgré tout).

Ça n'en a malheureusement ni le charme, ni le souffle épique.

Il manque ici un ingrédient majeur de l'équation gagnante des autres films (quête (et paysages National Geographic) + fight).

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Où l'on se pose véritablement la question du bien fondé du choix artistique, quand on compare la taille du bouquin de base et celui de la première trilogie : n'aurait-il pas mieux valu ne faire qu'un seul film ?

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Après il aurait fallu bidouiller, moins broder, ne donner qu'une demi-lignée au lieu d'annoncer tous les ancêtres de son interlocuteur jusqu'à Moise dans chaque dialogue, ne pas rajouter des personnages à la con...

Et vous auriez sans doute perdu des fans en cours de route.

Ceci étant, avec au bout de 25mn de film, une réplique comme :

L'orque que j'ai poursuivi près de Lac-ville, je sais qui il est : Bolg, la progéniture d'Azog. Un groupe de Ouargues l'attendait dans les faubourgs d'Esgaroth. Ils ont fui vers le Nord. Ces orques étaient différents des autres : ils portaient une marque que je n'avais pas vue depuis longtemps, la marque de Gundabad.

Legolas

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Il y a déjà de fortes chances que certaines personnes aient totalement décroché d'entrée de jeu (voire explosé en plein vol).

Et pourtant c'est bien dommage...

Publié dans film, Peter Jackson, Tolkien, Hobbit

Commenter cet article

lehobbit 02/05/2015 17:39

En somme comment se faire de l'argent avec ce qui était à l'origine un livre pour enfant.

lehobbit 06/05/2015 09:20

Ah la finesse du cinéma américain !

Elo 05/05/2015 17:10

Disons que là, particulièrement, ça se voit