Le loup de Wall Street de Martin Scorsese

Publié le par Elo DLCH

Le loup de Wall Street de Martin Scorsese
Le loup de Wall Street de Martin Scorsese

Quel est le génie qui a dit que c'était le meilleur film de Scorsese depuis "Casino" ?

Non, le dernier grand film de Scorsese c'était peut-être "Casino", à la rigueur, même si ça se discute (j'ai toujours pas vu "Les Infiltrés" mais "Shutter Island" n'était pas si mauvais... et "Hugo Cabret"... Ouais, bon, c'était sympa mais il n'y avait pas de quoi se taper le cul par terre).

On pourrait dire, à la limite, que "Le loup de Wall Street" est le meilleur auto-plagiat de "Casino"...

Sauf que Di Caprio n'est pas De Niro, sa blonde n'est pas Sharon et Jonah Hill est loin, très loin, très très TRÈS loin, d'être Joe Pesci (et même s'il est moins insupportable qu'à l'accoutumée - et que c'est loin, TRÈS loin aussi d'être le pire acteur du casting - c'est épidermique : ça reste Jonah Hill quoi).

C'est laborieux, c'est long, ça se traine. Il n'y a pas d'intensité, pas de suspens, tout est extrêmement prévisible, les personnages ne sont ni attachants ni détestables, ils nous sont juste totalement indifférents : le problème c'est qu'on se contrefout de savoir ce qui va leur arriver.

Le loup de Wall Street de Martin Scorsese

Heureusement qu'il y a des scènes d'orgie, histoire de ne pas sombrer dans une profonde léthargie !

Mais bordel, qui doute encore du fait qu'un trop-plein de pognon et de pouvoir puisse entraîner une débauche de sexe et de drogue ?

Et quand bien même : le film-scandale d'Abel Ferrara en est une bien meilleure démonstration (qui en plus ne dure pas 3 plombes, ce qui n'est pas négligeable).

Le loup de Wall Street de Martin Scorsese
Le loup de Wall Street de Martin Scorsese

Maintenant, ce qui est cool c'est que j'ai tout bien compris comment qu'on fait pour vendre un stylo (et par extension, cyniquement, n'importe quelle merde) et, aussi comment que ça marche, en gros, la bourse...

Mais même la joute verbale entre Léo et le Coach Taylor-agent du FBI sur le yacht, qui aurait pu être un morceau d'anthologie, est chiante.

Idem pour les sermons de Jordan Belfort, sensés galvaniser ses collaborateurs (et le spectateur) mais qui sont d'une fadeur terrible, tant dans le discours que dans la façon de l'interpréter (et pourtant film vu en VO) !

Le loup de Wall Street de Martin Scorsese

Tout ça pour dire que, même si c'est pas faute de s'essayer à plein de rôles de grande personne, ça n'était pas avec cette performance que Di Caprio (l'homme qui vieillissait en se teignant les cheveux) pouvait avoir l'Oscar (elle pourrait juste alimenter les divagations nostalgiques des ex-adolescent(e)s qui, fut un temps, fantasmaient de le voir à poil et en action. Mais c'est un peu tard maintenant... Et puis niveau endurance, on peut dire qu'il n'a pas énormément progressé depuis Titanic).

Au moins, on est content de voir Jean Dujardin (l'homme qui, lui, en a eu un d'Oscar) reprendre son rôle d'OSS 117... et d'en savoir un peu plus sur le passé de la femme de Ted Mosby.

Le loup de Wall Street de Martin Scorsese

Bref, à l'instar de ses acolytes Steven, Ridley ou Oliver, il a vieilli Martin.

Et essayer de nous refourguer ses vieilles recettes, si bonnes furent-elles, avec une histoire et des personnages moins intéressants, des acteurs moins convaincants et un scénario moins abouti (de moins bons ingrédients, en somme, pour filer la métaphore alimentaire moisie), c'était bien tenté mais ça ne fonctionne pas (si je dis que c'est indigeste vous me frappez ?)...

Et j'en suis sincèrement putain de désolée.

Publié dans film, Scorsese, Di Caprio

Commenter cet article

jipé 09/04/2017 13:09

voilà ce qui se passe quand les prods d'un film sont plus accrocs à la coke que leurs personnages