MAL DE PIERRES de Nicole Garcia (GRAND PRIX CINEMA ELLE, Paris, Gaumont Convention, 1er jour) [résumé & critique]

Publié le par Odie soit qui mal y pense

MAL DE PIERRES de Nicole Garcia (GRAND PRIX CINEMA ELLE, Paris, Gaumont Convention, 1er jour) [résumé & critique]

C'est la destinée de Gabrielle, des années 50 à 70, une érotomane quelque peu égoïste qui fait des calculs rénaux et de José, le mec le plus patient de la Terre.

Au départ, Marion Cotillard aime tremper son con (ouaip !) dans l'eau glacée de la rivière et pour cause : elle est tellement obsédée par le sexe que l'expression "avoir le feu au cul" prend ici tout son sens. Comme elle a en plus une légère tendance au harcèlement d'hommes mariés et à se foutre à poil devant tout le monde, ça la met moyen pour sa famille dans leur petit bourg de Provence (ambiance sonore "cigales" activée).

Du coup sa mère la vend plus ou moins à un de ses ouvriers saisonniers agricoles espagnols (c'était soit ça, soit l'internement mais c'est quand même mieux ça), moyennant finance pour la création de son entreprise de maçonnerie.

Elle déménage donc à La Ciotat (ambiance sonore "mouettes" activée... Non mais sans déconner, pourquoi vous faites ça qu'avec le sud ?) avec son nouveau mari, José, qu'elle n'aime pas, qui ne l'aime pas non plus vu comment elle est sympathique et joviale avec lui, et auquel elle se refuse, bien évidemment, parce que c'est vachement mieux quand tout le monde souffre, youpiiiii ! (pourtant c'était quand même l'occaz d'éteindre un certain incendie).

Comme le budget prostipute commence à lui déplaire, elle finit par accepter de coucher avec lui (en se faisant payer parce que tout travail mérite salaire, cela va sans dire, et puis comme ça, ça sort pas du foyer). Elle tombe enceinte mais perd son bébé à cause de ses fucking calculs rénaux (le fameux mal de pierres, comme le suggère le titre du film et du roman italien, MAL DI PIETRE, dont il est tiré).

Alors elle part en sanatorium en Suisse et elle rencontre un type (Louis Garrel) qui a plus qu'un seul rein, qui a chopé une saloperie en Indochine et qui ne va pas très bien du tout (note pour plus tard : ne pas aller en Indochine... Ne plus écouter Indochine non plus... Du tout... C'est plus prudent)...

MAL DE PIERRES de Nicole Garcia (GRAND PRIX CINEMA ELLE, Paris, Gaumont Convention, 1er jour) [résumé & critique]

Un psycho-drame très esthétique en forme de flashback, qui partait rudement mal lors de la première scène où l'on pouvait craindre une performance de Cotillard mi-LA MÔME (vas-y Marcel, casse-lui la gueule !!!!!), mi-la mort dans BATMAN, mais où au final, elle joue parfaitement bien.

Une ambiance parfois un peu irréelle et hors du temps comme dans LES AUTRES, parfois hyper réaliste de type documentaire, caméra à l'épaule, "nous nous approchons pour observer la Gabrielle dans son habitat naturel...", avec des passages pas complètement nécessaires (fallait-il vraiment nous refourguer exactement la même scène, des fois qu'on ait oublié le début après 1h30 de film ?).

Et puis les personnages masculins ne sont pas en reste et c'est important de souligner le fait que le film ne sombre pas dans un manichéisme primaire de féminisme tout pourri (celui qui est misandre, pas l'autre) : certes le personnage principal féminin est éminemment moderne et libre mais il le doit aussi à la bienveillance du personnage principal masculin (qui a une capacité à encaisser les low-kick émotionnels assez surprenante).

MAL DE PIERRES de Nicole Garcia (GRAND PRIX CINEMA ELLE, Paris, Gaumont Convention, 1er jour) [résumé & critique]

Alors outre la richesse de la reconstitution historique, tant dans les décors que dans les costumes ou les accessoires et les menus détails (genre les prises électriques), il y a un vrai propos où l'on se dit que, de tout temps, il y a eu des hommes qui ont respecté et aimé les femmes au delà du raisonnable, des gens qui ont accepté de souffrir pour l'autre et qui ont finalement obtenu gain de cause. Et ça, cette complémentarité, ça redonne foi en l'humanité et ça fait du bien.

Publié dans film, GPcineELLE, Cotillard

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Nio 19/10/2016 12:18

"Non mais sans déconner, pourquoi vous faites ça qu'avec le sud ?"

Depuis "Bienvenue chez les chtis", l'indice France-Nord a drôlement chuté en bourse. :3

Odi-Wan 20/10/2016 18:48

Pas faux mais c'est surtout l'ambiance sonore bien stéréotypée... Après, côté accent pourri ça se vaut

Nio 19/10/2016 12:16

Indochine, c'est le mal, je l'ai toujours dit.

refman 03/07/2016 00:23

Le charme de l'amour sacrificiel et sacrifié a fait ses preuves

FD 03/07/2016 00:22

ça doit être une belle histoire d'amour finalement

Béa 03/07/2016 00:13

C'est mécanique, on veut toujours ce qu'on a pas. Mécanique du désir le reste n'est que fiction pour narration.

LéaS 03/07/2016 00:12

Encore une chronique brillante. Vous donnez vraiment envie de voir le film grâce à un résumé efficasse, une analyse fine qui met parfaitement en lumière les enjeux du film. Donc à voir. Voilà à quoi dpivent servir les critiques ciné: servir le cinéma, et non le détruire, le maintenir en vie et nous donner l'envie. C'est chose faite, merci.

groupons 03/07/2016 00:09

Je connais les calculs rénaux pas vraiment compatible avec les galipettes

Franck 03/07/2016 00:08

Cotillard

coucousine 02/07/2016 22:08

Cette photo me fait horriblement ( c'est le mot) penser au clip d'Hélène Ségarra " elle tu l'aime", si fort, si fort, au point oú tu pourrais mourir pour elle...

Odie soit qui mal y pense 03/07/2016 00:09

Mais c'est exactement ça !!!! Merci, j'avais beau chercher, je ne trouvais plus !

Adéle 02/07/2016 22:07

C'est le genre de film que j'aime...cul et ensuite les sentiments prennent le dessus, si je ne m'abuse.
La scène de la rivière me fait penser à ce texte de De Montègre croisant une de ses patientes nymphomane en train de faire le trottoire: que faites vous là? - Je me guéris ( in la médecine du sexe et les femmes, anthologie des perversions féminines au 19e, de Sylvie Chapeton dans cette délicieuse maison d'édition: la Musardine).
Pendant longtemps ( voir encore aujourd'hui) le désir féminin est assimilé à une maladie ( nympho, éroto...) chez l'homme, ce n'est qu'un besoin naturel. Pendant longtemps, la nature a été l'argument mana du genre.