Les joyeuses aventures de Lucie Hennebelle dans les romans de Franck Thilliez.

Publié le par Elo

Pourquoi toutes les héroïnes d'intrigues policières ont-elles de grosses tendances suicidaires ?

De Mila Vasquez chez Donato Carrisi et son groupe de 1 sans prévenir son équipe avec la batterie de son portable à 2 doigts de rendre l'âme à Erica Falck chez Camilla Lackberg et sa fâcheuse tendance à fourrer son nez là où elle n'a rien à foutre (elle est même pas flic en plus) en passant par Debra Morgan chez Dexter (bon d'accord, elle, elle a un chromosome supplémentaire qui pousse les autres à se tirer une balle dans la tête), Lucie Hennebelle ne déroge pas à la règle.

Tout d'abord, notons qu'elles ont toutes un trauma personnel (no spoiler) qui leur fait jouer le jeu de l'attraction-répulsion face à la mort (genre comme quelqu'un qui aurait le vertige et qui serait irrémédiablement attiré par le vide... Ou un gamin avec le four : "Touche pas, ça brûle on t'a dit !").

Ensuite, cause ou conséquence du-dit trauma, elles ont toutes quelque chose à prouver ou à se prouver...

Mais revenons à notre agneau sacrificiel : la Lucie.

Mère célibataire de 2 jumelles (pléonasme), une gueule d'ange (blonde, cheveux bouclés, les yeux bleus), se trouve horrible alors que tous les mecs la trouvent ultra bonne (même qu'après avoir accouché de jumelles, c'est juste... Ben pas juste en fait), fliquette dans le Grand Nord (Dunkerque, Lille...), se retrouve systématiquement mêlée aux enquêtes les plus trash (pas franchement sponsorisées par l'office de tourisme régional), cache un lourd secret, adore les thrillers, les histoires de serial killer et assister à des autopsies...

Profil Meetic

Normal quoi.

Et sur le papier ça donne quoi ?

Et bien, ça donne de super romans policiers (ouais, avec une cape et un slip par-dessus le collant, tout à fait).

Parce que, n'oublions pas que c'est Franck Thilliez qui est aux manettes et que ce mec est le roi de la description-introspection-métaphorique, de la phrase nominale, de la rythmique et de la rupture syntaxique qui rendent l'action haletante et vertigineuse...

Bref, que ce mec a du talent.

Les joyeuses aventures de Lucie Hennebelle dans les romans de Franck Thilliez.

Alors dans La chambre des morts, Lucie va donc littéralement descendre au plus profond de la psyché psychopathe et confirmer qu'il n'y a pas que des gens totalement sains d'esprit qui pratiquent la taxidermie (wait, what ?).

Tandis que dans La mémoire fantôme, elle se lancera dans la zoophilie accidentelle avec un poisson rouge et prouvera que Le cercle des poètes disparus n'a pas fait que de bons émules (note pour l'auteur : le problème d'Einstein* ne peut être résolu que par 2% de la population ? Même pas vrai : j'ai réussi. C'est pas beau de flatter ses lecteurs de cette façon !).

Ça ne donne pas envie ?

Alors détrompez-vous : le problème est que si on développe, on dévoile, forcément, et que ce serait franchement dommage.

Où l'on a l'impression que chaque roman de Franck Thilliez surpasse le précédent dans l'horreur (et pourtant, Train d'enfer pour ange rouge, son premier roman, se posait déjà là niveau glauque).

On y retrouve bien sûr ce style particulier et très efficace, du sordide (très) mais il y a aussi à chaque fois de petites trouvailles (saloperies ?) qui réussissent à renouveler les angoisses du lectorat...

Des romans qui se dévorent (au risque de se sentir soi-même légèrement psychopathe), d'une noirceur intense où l'espoir est absent et où la nature humaine est dépeinte dans ce qu'elle a de plus vil.

Des histoires à ne pas lire si l'on est en proie à une certaine dépression : c'est définitivement bien trop joyeux...

Du talent et le sens de la fête quoi.

Les joyeuses aventures de Lucie Hennebelle dans les romans de Franck Thilliez.

*en bonus et pour que vous aussi vous puissiez vous la péter, voici le problème d'Einstein tel qu'il est retranscrit par l'auteur dans la note aux lecteurs de La mémoire fantôme :

Les joyeuses aventures de Lucie Hennebelle dans les romans de Franck Thilliez.
Les joyeuses aventures de Lucie Hennebelle dans les romans de Franck Thilliez.

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