RESTER VERTICAL d'Alain Guiraudie (Cannes, 2ème jour)

Publié le par Odie soit qui mal y pense

Oh-la-la !!! Ce que les gens peuvent être chochottes : une toute petite sodomie de rien du tout et v'la qu'y en a qui quittent la salle dis-donc...

Il l'avait pourtant bien dit qu'il voulait voir le loup !

RESTER VERTICAL d'Alain Guiraudie (Cannes, 2ème jour)

Où Alain Guiraudie confirme qu'il est LE cinéaste du gros plan sur organes génitaux : après L'INCONNU DU LAC où il était très bite, il est ici très chatte... Et un peu bite aussi, on se refait pas, faut pas déconner.

RESTER VERTICAL d'Alain Guiraudie (Cannes, 2ème jour)

Mais on peut aussi choisir de retenir du cinéma de Guiraudie qu'il arrive à rendre ce qui est censé être laid incroyablement beau (et ce qui est censé être beau incroyablement trivial), qu'il n'en fait pas des caisses avec la caméra subjective, qu'il filme ses paysages comme le corps de Marie (à moins que ce ne soit l'inverse ?), qu'il sait parfaitement dénicher et diriger des acteurs particulièrement talentueux, dont le naturel, la fluidité et la justesse du jeu mettent en valeur d'excellents dialogues.

RESTER VERTICAL d'Alain Guiraudie (Cannes, 2ème jour)

On pourra aussi louer la richesse de la symbolique et des références tant picturales (que celui qui n'a pas pensé à L'ORIGINE DU MONDE de Courbet en voyant de très près l'intimité de la Marie – qui aurait tout aussi bien pu s'appeler Eve pour le coup mais c'eut peut-être été un poil too much – me fouette avec son accréditation) que littéraire (les clodos et LE PARFUM de Süskind) et la densité des métaphores, dont celle filée du titre.

RESTER VERTICAL d'Alain Guiraudie (Cannes, 2ème jour)

RESTER VERTICAL est donc un film avec des images crues qui peuvent choquer ou mettre mal à l'aise (mieux vaut prévenir que guérir), qui parle de parentalité, d'identité sexuelle, de suicide assisté, d'écologie, de misère et de dignité mais sans jamais tomber dans les travers misérabilistes et stéréotypés d'une certaine forme de cinéma social.

RESTER VERTICAL d'Alain Guiraudie (Cannes, 2ème jour)

Le film oscille entre rêve et réalité, à la fois hyper-réaliste et profondément irréel (la scène de la naissance en étant l'exacte illustration : qui, en dehors du personnel médical (et peut-être deux ou trois fétichistes gores), vit l'accouchement de cette façon ?).

RESTER VERTICAL d'Alain Guiraudie (Cannes, 2ème jour)

Un film drôle, sensible, original, attachant et un peu étrange, à l'image de son personnage principal, Léo, formidablement interprété par Damien Bonnard.

3 extraits du film RESTER VERTICAL d'Alain Guiraudie

En tous les cas, une chose est sûre ce soir : il y a des gens qui n'écouteront plus jamais les Pink Floyd comme avant !

RESTER VERTICAL d'Alain Guiraudie (Cannes, 2ème jour)

Publié dans film, Cannes, Guiraudie

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Lemeditant 14/05/2016 18:19

Mais est-ce qu'ils ont utilisé des doublures bites et des doublures chattes comme pour captain orgasmo ?

Captaintata 14/05/2016 18:18

Voilà qui met bien en lumière un cinéaste que je ne connaissais que trop peu. Merci pour cette critique "hystérique" pleine de bon sens. J'ai maintenant très envie de voir ce film et de vous voir tout le long de ce festival. A bientôt

Nio 14/05/2016 11:31

J'écoutais déjà les Pink Floyd d'une autre manière alors bon... Je veux voir ! :D