SPOTLIGHT de Tom McCarthy (Oscar du meilleur film 2016)

Publié le par Odie soit qui mal y pense

C'est l'histoire des journalistes de SPOTLIGHT, antenne investigatrice du Boston Globe, qui, sous l'impulsion du nouveau chef de leur journal, vont enquêter sur une immense affaire de pédophilie étouffée par l'Eglise.

SPOTLIGHT de Tom McCarthy (Oscar du meilleur film 2016)

Avec des looks, des coupes de cheveux, une esthétique, une photo et une lumière très 90' (voire moins) SPOTLIGHT s'inscrit d'emblée dans la lignée des grandes enquêtes au cinéma... À moins que Boston n'ait simplement découvert les années 2000 qu'en 2013 (ce qui est possible aussi).

Alors c'est vrai que Mark Ruffalo en fait un peu des caisses, et que la VQ est définitivement dégueulasse.

Mais le côté positif c'est que le film n'en rajoute pas dans l'horreur, le misérabilisme, le voyeurisme et le pathos. Il préfère jeter un voile pudique sur les témoignages des victimes, ce qui est tout à son honneur (et suffisamment rare pour être relevé), pour se concentrer sur la rigueur et la détermination des journaleux.

SPOTLIGHT de Tom McCarthy (Oscar du meilleur film 2016)

Et c'est bien, c'est même très bien tout ça... Mais le gros problème c'est que c'est aussi très lisse : il n'y a aucune intensité, pas de véritables variations de rythme qui pourrait faire s'emballer le récit... Du coup on ne ressent ni la pression, ni le danger ni vraiment les enjeux du reste. Et pourtant le nombre de bourreaux et de victimes avérés pouvaient facilement foutre le vertige... Mais on sait déjà qu'ils vont faire éclater le scandale et, quelque part, les hésitations, les cas de conscience (L'Eglise a-t-elle fait plus de mal ou de bien à la communauté ? Et si le bien domine, est-ce que ça vaut le coup de jeter l'opprobre sur tout le clergé ?) ou le sentiment de culpabilité et l'auto-flagellation des uns ou des autres, on s'en fout un peu parce que tout ça sonne vachement stéréotypé ("Je ne suis plus capable de foutre les pieds dans une église à présent et si je le fais, c'est pour observer avec insistance la chorale des chants de Noël des enfants pour que le spectateur comprenne bien que les adultes qui ont témoigné étaient petits au moment des faits (sont cons les spectateurs faut dire) et que les mioches nouvelle génération peuvent tous être d'innocentes victimes à leur tour ou qu'ils le sont déjà" ou "Je suis journaliste et de ce fait, mon seul but est de faire éclater la vérité... Et d'en avoir l'exclusivité aussi, faut pas déconner"). On a même l'impression que ça a été rajouté histoire d'étoffer le tout sans grande conviction. Et puis, on n'y apprend rien de bien nouveau sur le processus d'étouffement des scandales par certaines institutions...

Parce qu'au bout de 30 avertissements, on peut avoir un blâme !
Et au bout de 30 blâmes, on passe devant un conseil de discipline et on peut être dégradé !
Robert y s'en fout, lui, il est pas gradé !

Bon ben voilà, avec les prêtres, c'est un peu comme avec les flics de Michel.

Ou alors c'est parce qu'en France les brebis galeuses sont tellement un acquis depuis longtemps qu'on parvient même à se foutre de leur gueule.

Un film honnête et sobre, qui n'apporte rien de bien nouveau au cinéma ni au genre. Bref pas le film du siècle ni même de l'année... Mais qui a tout de même été récompensé par l'Oscar du meilleur long métrage. Cela-dit, cette année, dans la série des œuvres qui révolutionnent le 7ème art, nous on se tape FATIMA donc on n'a vraiment qu'à bien fermer nos mouilles.

Publié dans film, enquête, journalisme, Oscar, Eglise

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