TOMBOY de Céline Sciamma [critique]

Publié le par Odi-Wan

TOMBOY de Céline Sciamma [critique]

Un très joli film.

Un film d'une grande finesse et d'une grande justesse sur la fin de l'enfance, sur comment on grandit, comment on commence à se construire en dehors des parents, comment on se cherche, on expérimente pour essayer de trouver des réponses à toutes les questions qu'on se pose.

Un film très émouvant dans son évocation des rapports humains et des liens familiaux, fraternels.

TOMBOY de Céline Sciamma [critique]

Un film où les acteurs jouent extrêmement bien, où les dialogues sont incroyablement justes.

Un film qui fait du bien dans sa peinture d'une certaine frange de la société française, habituée aux clichés dégueulasses.

Un film qui parle de gosses, avec des problématiques et des préoccupations de gosses. Des gosses qui, pour une fois, ne sont pas des sociopathes en puissance.

TOMBOY de Céline Sciamma [critique]

Un film qui parle de leurs familles, pas omniprésentes mais pas démissionnaires pour autant, aimantes et bienveillantes, qui s'interrogent, qui doutent, qui se trompent.

Un film qui parle de vrais parents en somme, qui essaient de comprendre ces petits individus qui ne se comprennent pas eux-mêmes.

Un film qui rend triste parfois, parce que c'est ce qu'on ressent quand on voit un enfant mélancolique, qu'on voudrait le protéger, lui dire que tout ira bien alors qu'on n'en sait rien.

Un film qui montre que personne ne détient les clés de la vérité absolue et universelle.

Un film qui parle des prémices de l'adolescence, un film qui ne défend pas de "théorie", un film qui rassure en montrant qu'il est naturel de se demander qui l'on est, un film qui ne parle pas uniquement d'une petite fille qui fait croire qu'elle est un garçon.

TOMBOY de Céline Sciamma [critique]

Un film intelligent qui porte à la réflexion et à la discussion, à extrapoler sur le fait qu'on est tous différents à notre manière, que chacun doit chercher en soi sa propre vérité, faire sa propre expérience pour, au final, essayer d'être en paix avec soi-même, tout en évoluant au milieu des autres, quel que soit leur seuil de tolérance.

Ne souhaitant pas dénaturer ce beau moment que je viens de passer grâce à Arte (bien joué par rapport à la dernière fois), je ne vais pas m'étendre voire m'étaler : j'ai aimé ce film, point.

Un film à laisser vivre pour ce qu'il est, sans chercher à reporter des angoisses d'adultes sur des sentiments d'enfants.

Un film à voir, vraiment.

TOMBOY de Céline Sciamma [critique]

PS : je crois que je peux affirmer dès à présent que je hais l'application Neufbox sur l'iPhone qui m'a allègrement pourri tous les moments-clés et, évidemment, la fin du film en buggant sa mère. Voilà, c'est tout.

Publié dans film, polémique

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MarmotteQuiALaCrève 23/02/2014 10:20

Vu ! Effectivement pas de quoi fouetter un chat, à moins que tous ces braves gens aient oublié leur propre enfance, les questionnements qui l'avaient traversée et qu'ils souhaitent à tout prix faire croire à leurs enfants que s'interroger sur soi-même est anormal.

Le méditant 20/02/2014 21:27

Putain de neufbox