GRAVE de Julia Ducournau [critique] (Cannes, 5ème jour)

Publié le par Odie soit qui mal y pense

GRAVE de Julia Ducournau [critique] (Cannes, 5ème jour)

Le 2ème long métrage de Julia Ducournau, présenté à Cannes lors de la Semaine de la critique, raconte l'histoire de Justine, gamine plutôt précoce qui intègre l'école de vétérinaire où étudie sa sœur Alexia et où ont étudié leurs parents avant elles. Toute la petite famille est végétarienne et Justine va devoir avaler un rein de lapin cru lors de son bizutage. Ce qui va provoquer chez elle une belle réaction allergique mais aussi lui révéler une très légère tendance à l'anthropophagie.

Il y a dans GRAVE, un petit côté CARRIE mélangé à une version gore et franco-belge de IT FOLLOWS (bien qu'en fait ça n'ait rien à voir).

C'est fluide, c'est bien joué, c'est bien filmé et mis en scène, ça va jusqu'au bout du bout, ça s'amuse du suspens, ça joue avec les nerfs des spectateurs (et leur dernier repas aussi éventuellement) et même si on anticipe assez rapidement tout ce qui va se passer, ça vaut vraiment le coup d'œil, ne serait-ce que pour savoir comment les acteurs vont se dépatouiller. Et ils sont parfaits, avec une mention spéciale pour les trois principaux : la belle psychopathe Alexia (Ella Rumpf), la très inquiétante ingénue Justine (Garance Marillier) et le gentil Adrien (Rabah Naït Oufella).

Un film qui, par le biais du cannibalisme, parle aussi des addictions, avec de l'humour mais aussi du malaise et de la gerbe (âmes sensibles s'abstenir, vraiment).

GRAVE donne envie de découvrir le premier film de Julia Ducournau, MANGE, qui traitait là aussi, mais en d'autres termes, de la cruauté des adolescents (et d'une certaine obsession de la réalisatrice pour la bouffe ?).

Un film qui prouve que le bizutage mène à tout et qu'on n'a pas besoin d'ennemi quand on a une famille !

GRAVE de Julia Ducournau [critique] (Cannes, 5ème jour)

Publié dans film, Cannes, Ducournau

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Franck 24/05/2016 23:01

Silence des agneaux, hihihi...Là aussi, il est question de cannibale. Quand ce film est sorti, je venais de me casser le bras. Tous mes potes me charriait en disant que j'allais assomer des nanas avec mon platre pour les mettre dans ma cave, leur couper la peau et me faire une robe.

FD 24/05/2016 21:59

Sur le thème cannibale, il y a "les survivants", lorsque je prends l'avion, je ne peux pas m'empêcher d'y penser... Est-ce que je pourrai manger mon vousin low cost pour suivivre?

refman 24/05/2016 21:56

"Les bouchers verts" était un joli conte Avec une esthétique à la délicatessen mais chez les nordiques. Je ne vous spoile pas le film ...

Adéle 24/05/2016 21:54

ça me rappelle un film " dans ma peau", c'est de l'auto cannibalisme oú la fille, par définition se dévore elle-même. Elle s'impose des sortes de sclarifications en se mangeant. Forme absolue du masochisme avec orgueil de la blessure auto infligée ( et de l'admiration des "traces" de la douleur infligée). Comble de l'amour de soi: être sa propre nourriture. Il n'y a pas de contradiction.