MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS de Tim Burton [critique] (et un peu résumé aussi)

Publié le par Odi-Wan

MISS PEREGRINE ET LES ENFANTS PARTICULIERS de Tim Burton [critique] (et un peu résumé aussi)

Jacob est un enfulte qui vit en Floride (comme l'auteur du roman éponyme dont le film est une adaptation) et qui aime bien son papy même si maintenant, il déconne un peu du dedans de son cerveau.

Parce que, voyez-vous, ça n'a pas toujours été le cas, comme, par exemple, lorsqu'il venait le garder le soir, quand il était petit et que son papa et sa maman voulaient faire semblant d'avoir encore une vie sociale en se rendant aux réunions de leur club de partouze-cagoule (ou de lecture).

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Et même que son papy, à cette époque où il était encore en parfaite santé mentale, il lui racontait plein de jolies histoires sur sa jeunesse en Pologne, peuplées de créatures féeriques et enchantées comme des nazis ou des enfants avec une bouche derrière la tête, sosies de Tom Jedusor, invisibles, volants ou tout simplement cracheurs d'abeilles, enfermés dans un orphelinat sur une île paumée en Europe... Le tout avec photos mi-sépia mi-floues mi-gothiques à l'appui (un peu comme dans LES AUTRES... et oui : ça fait 3 moitiés) pour lui assurer des nuits sereines et paisibles.

Bref, après être copieusement passé pour un gros gland auprès de ses petits camarades de classe en leur présentant les-dites photos et avoir essuyé toutes formes de railleries plus ou moins agréables et encourageantes pour son ego en construction, le Jacob avait légèrement pris ses distances avec Papy-zinzin.

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Mais un jour, Papy-mytho l'appelle tout paniqué parce qu'il semblerait que les méchants de son enfance l'aient retrouvé !

Par acquit de conscience, Jake se rend au domicile de son aïeul afin de l'empêcher d'être accusé d'attentat à la pudeur en courant à poil derrière le bus de ramassage scolaire tout en hurlant "ils arrivent, ils arrivent !!!".

Sauf que le papy déconnait peut-être pas tant que ça : après avoir assisté, impuissant, à la fuite d'une créature merveilleuse tout à la fois Muto, Slenderman monté sur échasses, et Alien (avec des tentacules en guise de double gueule), qui venait tout juste de voler les yeux de son grand-père (et de lui lacérer le bide, accessoirement), Jacob recueille dans un dernier râle ces paroles énigmatiques :

Sauve la Cheerleader, sauve le monde... Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras... Va sur l'île, trouve l'oiseau, entre dans la boucle... Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin la caravane passe... La source, la source...

C'était un très long râle d'agonie.

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Malgré une longue période de thérapie pour le persuader qu'en plus de son groupe sanguin et d'un prénom à consonance hébraïque, il avait également hérité de l'esprit malade et hallucinatoire de son grand-père, la psy de Jacob, en désespoir de cause, lui conseille de se rendre finalement sur cette fameuse île pour bien comprendre une bonne fois pour toute que cette histoire d'orphelinat pour enfants particuliers n'était qu'une vaste fumisterie...

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Alors certes ça n'est peut-être pas le meilleur film de Tim Burton (pour ceux qui aiment son univers, bien sûr, les autres, faut lâcher l'affaire maintenant, vous ne le changerez pas le bonhomme). Mais ce n'est pas le pire non plus (suivez mon regard...), même si l'on peut regretter un happy-end un poilounet bâclé sur un sujet qui aurait largement pu mériter un film entier...

Comptait-il mourir bientôt le Tim qu'il ne pouvait pas nous pondre une suite digne de ce nom ? Ou bien le projet l'avait-il gavé et voulait-il passer rapidement à autre chose ? Ou encore est-ce simplement parfaitement fidèle au roman ? Mystère...

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Et c'est au moins un vrai film de cinéma qui a le mérite de procurer quelques émotions et d'avoir un véritable univers : celui du bouquin, bien sûr, mais avec tout de même une bonne dose de vision burtonienne du truc pour lui donner vie... À moins que Ramson Riggs n'ait eu en tête les films du réalisateur en écrivant ses romans et dans ce cas, v'la la consécration !

Mais le film a également pour lui de nous couper de la réalité pendant deux bonnes heures qui passent à une vitesse insensée, et ce malgré des passages où l'on décroche pour des prétextes plus ou moins valables : le combat entre les Sepulcreux et les squelettes animés tout en images de synthèse très moches, le terme-même de "Sepulcreux", qui sonne un peu comme quand des gamins de maternelle disent "bulbeux" pour nommer les oignons à fleurs, le côté Clochette dans HOOK du personnage d'Emma...

Mais a posteriori, on peut aussi se dire que ce visuel parfois franchement pas jojo était quelque part un peu obligatoire pour permettre au film de conserver son visa tout public : un truc impeccablement réalisé tout du long aurait été beaucoup trop effrayant pour des gosses (même s'ils ne possèdent pas tous les codes et références qui peuvent nous faire baliser, nous, adultes matures et tellement responsables).

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Publié dans film, fantastique, Tim Burton

Commenter cet article

Laelle 03/11/2016 21:11

Burton fait parti des cycles ciné même en baisse de régime ( voilà ce qui se passe quand on quitte Bellatrix)

LéaS 03/11/2016 21:09

Une fois encore, votre analyse est très juste sans complaisance dans le négatif ou le positif. Bref, ce que l'on attend d'une critique. Vous donnez les éléments parfaits pour nous faire une idée. Il y a quelques années Bayard a écrit :" comment parler des livres qu'on a pas lu"( les gens se sont précipités pensant avoir le livre magique qui leur ferait même faire l'économie du résume wikipédia ( à mon époque des " profils"), en fait, il s'agissait d'une étude littéraire assez pointue ( ce livre doit se trouver en quantité non négligeable sur ebay), et bien vous, vos critiques sont ce livre magique...nous pourrons briller en société ( si société il y a), vous dépasser leq critiques Télérama haut la main, merci.

Franck 03/11/2016 21:02

Il me semble qu'il y a une histoire compliquée de boucle temporelle?

Odi-Wan 03/11/2016 23:22

Tout à fait

FD 03/11/2016 21:01

C'est une forme de conte de fées, et qui dit conte dit distorsion de la réalité et surinterprétation psychanalytique et ça fait du bien de s'évader. nous aimons vos trains fantômes monsieur Burton

refman 03/11/2016 20:59

Pas facile comme topic...C'est autre chose que " la vie est belle", "la liste...", "le fils de ...", ici une version gothique, un culte de la différence, mais sommes-nous différents? Nous sommes tous des fils de Jacob et avons gagné un tour sur un char, stoppons les trains, svp, stoppons les

Béa 03/11/2016 20:56

Magnifique de faire un film qui dénonce de manière gothique la terrible solution finale.Merci au livre, merci à Burton, merci de ne pas oublier.

groupons 03/11/2016 20:53

Je connais bien Hook, pourriez-vous m'expliquer la référence à clochette?

Odi-Wan 03/11/2016 23:28

La vie éternelle contre la possibilité d'un amour, la jalousie, la damnation... Car comme l'a très justement fait remarquer Franck, il y a une histoire de boucle temporelle. Mais c'est difficile de préciser sans spoiler.

Adéle 03/11/2016 20:51

Magnifique le "la source, la source"

coucousine 03/11/2016 20:43

Je me suis un peu douté que ce serair mi baclé, mi je mets dans la machine à Tim un livre, lui-même influencé par Tim et voilà.
"sépulcreux" tout à fait d'accord, ça fait, je mange du sucre mélangé avec de l'eau et de la terre.

Nio 03/11/2016 11:54

Ouip, bien sympa ce petit Burton ! :3