L'hypnotiseur de Lasse Hallström.

Publié le par Tienli

L'hypnotiseur de Lasse Hallström.

Il y a des histoires qu'il ne vaudrait peut-être mieux pas voir adapter au cinema.

Non que le film soit complètement mauvais mais il n'arrive pas à retranscrire la tension ressentie en lisant le roman de Lars Kepler.

La photo, la lumière (ou son absence), la façon de filmer les personnages et les lieux, les comédiens (dont le sosie suédois de Hugh Laurie) sont impeccables et l'ambiance n'a rien à envier aux thrillers américains lambdas (pas aux chefs-d'œuvre du genre, faut pas charrier) mais il y a ce doublage pas génial, ce "je-ne-sais-quoi" qui fait téléfilm et c'est vachement dommage.

L'hypnotiseur de Lasse Hallström.

Et puis, comme pour beaucoup d'autres adaptations, les détails obligatoirement éludés (sinon vous faites une série ou un péplum, pas un long-métrage) aboutissent à des situations improbables (mais où a-t-il trouvé ces fringues et ce téléphone portable ?!?).

Et la mère qui est limite hystérique tout au long du film (mais dans une moindre mesure que celle de Prisoners qui avait pété tous les scores niveau craquage) se révèle être étrangement calme en situation de crise à la fin, légèrement bâclée du reste...

Un peu comme les films de Ron Howard sur les joyeuses aventures de Robert Langdon de Dan Brown (qui, bien que déjà passablement surréalistes à la lecture, perdent réellement en crédibilité une fois fixées sur pellicule) et contrairement à l'excellente adaptation de Millenium par le danois Niels Arden Oplev, largement meilleure que le film de Fincher (et franchement, s'il vous vient un jour l'envie d'adapter "Le chuchoteur" de Donato Carrisi, vous avez pas intérêt à me le chier !).

Après une entrée en matière extrêmement violente visuellement, le film s'embourbe quelque peu dans son enquête, avec des solutions qui arrivent systématiquement comme un cheveu sur la soupe (ou comme un lapin dans un chapeau... Ou dans les phares d'une bagnole) et un final relativement invraisemblable...

C'est donc nettement plus abrupt, plus cru, plus réaliste moins esthétique et édulcoré dans le traitement des scènes de crime que dans les films américains du même genre, mais aussi beaucoup moins rythmé lorsqu'il s'agit de se remuer le cul pour arrêter les méchants...

J'avais bien aimé le bouquin (normal : y'a du bon gros psycho-sociopathe et de la neige) et ce film, bien que fidèle au récit, ne lui rend pas vraiment grâce (du coup c'est con parce que ça n'éveillera pas la curiosité du lecteur vu qu'il se sera déjà totalement spoilé la trame)...

Une histoire à lire, en priorité, et un film à voir, quelques temps plus tard, en diagonale, pour se remémorer l'intrigue, un dimanche soir (oh ben ça tombe bien : je l'ai vu un dimanche soir !).

Publié dans film, thriller

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