WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

Publié le par Odi-Wan

WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

C'est l'histoire d'un mec, le Cayden, qui raconte sa vie en voix off et qui fait plein de cauchemars.

En plus de ça, il est irritable, soupe-au-lait... Du coup, ses parents pensent immédiatement à une "déferlante d'hormones de croissance" (c'est évident), alors qu'en fait il souffre juste d'un syndrome prémenstruel.

On comprend par la suite que c'est un lycéen lambda (au sens américain du terme) : il va dans un bahut lambda, a une girlfriend lambda (mais ultra bonne quand même), et joue au football américain comme n'importe quel lycéen un peu gaulé lambda...

Wait ? Non, c'est vrai qu'il a de petites tendances à avoir une susceptibilité exacerbée qui le pousse à se jeter sur les autres joueurs et à les massacrer à grands coups de latte après avoir effectué un saut de 40m sans élan (ce qui ne surprend personne par ailleurs).

WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

Soudainement, il se retrouve dans une bagnole en pleine nuit ET en pleine forêt avec sa dulcinée (cliché film d'horreur #43).

Ils décident d'un commun accord (enfin son accord à elle en particulier) de passer à la 4ème base pile-poil cette nuit-là (c'est fou ce que c'est excitant d'avoir vu son mec défoncer la tronche d'un autre gars à mains nues).

Le problème c'est qu'un type qui a de l'ADN de loup-garou dans les veines, l'érection ça lui fait des trucs tout bizarres dans le dedans de son corps (encore plus bizarres que chez les autres mecs) : ça lui fait pousser le poil, la griffe et le croc.

Alors du coup, la nana lambda mais ultra bonne est passablement effrayée (et a le t-shirt artistiquement lacéré dans le dos) donc elle s'enfuit en hurlant.

Cayden rentre à sa maison, fait dodo, et à son réveil, quelle n'est pas sa surprise quand il se retrouve couvert de sang au milieu de ses parents démembrés (ben voilà, 2 victimes innocentes de plus au compteur d'une allumeuse).

Dans le même temps, la nana lambda à moitié à poil a un peu prévenu les flics de sa mésaventure, flics qui débaroulent au beau milieu du carnage.

WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

Alors Cayden s'enfuit (pas en hurlant) par delà les barrières de sécurité de la piscine, les bois et les collines.

S'ensuit une sorte de micro road trip de stations service en tripots, tout à fait crédible quand on sait qu'il n'est pas majeur, qu'il a quand même une bonne gueule de jouvenceau et qu'il picole comme un trou sans aucun problème (d'où sort-il le pognon d'ailleurs... À moins qu'il fasse des passes en off, ce qui expliquerait pourquoi il affirme plus tard ne pas être puceau mais que c'est douloureux un petit peu quand même).

De cette tournée des bars, il apprendra qu'il a été adopté par JT interposé (et hop 15 ans de psychanalyse !).

Et aussi il rencontrera un borgne très louche qui lui expliquera, tout en s'incrustant dans une partie de fléchettes, qu'il est un loup-garou, que ceux de sa race vivent à l'est et que "stop, tais-toi, j'en ai déjà trop dit" (petit cachotier que je suis).

Une fois le mec bizarre barré, et après une altercation qui justifie amplement la présence d'un piano sur les lieux, il se retrouve tout seul et tout penaud, juste face à l'endroit où était venue s'échouer la fléchette du borgne (après avoir manqué de trépaner 4 clients).

WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

Le hasard faisant bien les choses, la-dite fléchette se retrouve plantée de façon totalement aléatoire sur une carte routière punaisée au mur, exactement à l'emplacement d'un bled : le bien nommé "Lupine Ridge" (coïncidence ? Je ne crois pas).

Entre temps, Cayden se sera frité avec deux routiers (pas très sympas... Plutôt des routards en réalité) qui tentaient de violer une pute (peut-on d'ailleurs dès maintenant légiférer sur la giclure-sang sur l'objectif de la caméra ?), et qui, comme par hasard avaient laissé casque, clés et blouson juste à côté de leurs motos (l'appel du viol n'attend pas, me direz-vous).

Voilà donc Cayden chevauchant son fier destrier mécanique (il n'a pas le permis mais il s'en fout Cayden) vers Lupine Ridge et son destin.

WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

A partir de là, on peut jouer à "retrouver les incohérences scénaristiques" ou à "le premier qui rigole a perdu".

WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

En gros, tout le monde dans la ville (et dans son canapé) a pigé que Cayden était le fils biologique de Connor, le chef de la meute des méchants loups-garous (parce que comme son nom l'indique, tous les habitants sont plus ou moins transformistes dans ce bled, même que ce serait un critère de sélection obligatoire pour emménager là... À un détail près : il y en a qui ont oublié comment on fait pour se métamorphoser).

Tous ont capté donc, sauf le chef en question, qui est sensé avoir plus de pouvoir et d'instinct que les autres et être aussi logiquement plus balaise en devinettes que la moyenne des loups.

WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

Le Connor (un Jason Momoa bien décidé à flinguer sa carrière ciné depuis Game of Thrones, tout comme Robb, Catelyn, Cersei et Jean Neige) a comme par hasard subitement envie d'avoir un fils (alors qu'il a eu tout plein de temps pour réaliser ce projet avant).

WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

Il a donc décidé qu'il devait s'accoupler avec Angel (il n'a pas choisi la plus moche), la petite nana qui tient le seul bar de la ville parce que c'est la dernière louve pur-malt... Ouais sauf qu'elle a un peu une sœur aussi, alcoolique au dernier degré, certes mais ça compte non ? (Donc au bout d'un moment, tu arrêtes de te trouver des excuses vaseuses Jason et tu assumes le fait que tu as juste envie de t'envoyer le petit canon local)

WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

Le souci c'est que le Cayden va tomber amoureux tout plein de la Angel et que la Angel, aka "j'aime les mecs pas épilés", va aussi tomber amoureuse et qu'ils vont faire du cul dans la grange (ça s'appelle griller la priorité). On verra d'ailleurs un tout petit peu les jolis seins de la demoiselle, juste avant qu'elle ne soit victime d'une soudaine poussée de pilosité dorsale impromptue et très sexy (ça aurait pu être pectoral, donc pire, ceci-dit).

WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

Comme on l'a déjà dit, l'excitation a des effets secondaires très étranges chez les loups-garous... Et dire que le Cayden craignait d'avoir une réaction violente sous le coup de l'adrénaline (alors que, franchement, si ta gonzesse se couvre tout à coup de fourrure en plein coït, c'est le genre de détail qui pourrait transformer n'importe quel mec en bête sauvage. Bon après, les goûts et les couleurs...).

WOLVES de David Hayter [critique & résumé]

Dès lors, une question s'impose : si Connor veut à tout prix un fils mais qu'il en a déjà un livré clé en main dont il ignore l'existence, pourquoi Cayden ne va pas tout simplement lui dire "coucou papa !" ? (séquence émotion, tout le monde chiale, le père et le fils se tombent dans les bras, ils partent gambader dans la forêt, ils vécurent heureux, fin du film)

Mais non, il faut nécessairement donner dans le pathos et associer à tout ça une histoire sordide :

En fait, le Cayden, c'est le fruit d'un viol et sa mère s'est suicidée juste après sa naissance. Pour éviter que Connor n'apprenne l'existence du bébé (rappelons tout de même que c'est le loup-garou qui a le moins d'instinct et de flair au monde et que se pose forcément la question de la nécessité d'un tel stratagème), le pépère Tallermans (qui fait tout pour ressembler à Hugh Laurie) et sa femme (les fermiers qui avaient recueilli et planqué la mère pendant sa grossesse) font adopter le petit.

Alors c'est vrai que, dit comme ça, on peut comprendre que le Cayden ait moyennement envie de sauter au cou de son papounet, surtout qu'en plus ils sont un peu sur la même gonzesse...

Il y aura donc, de la chasse à l'homme, du loup-garou qui conserve ses fringues, de la confrontation père-fils, de la lutte virile, de la baston avec chicot volant qui arrive trèssssssss lenteeeeeeeeementttttttt vers l'objectif de la caméra, et du loup-garou qui s'auto-guérit quand il se transforme...

On se demande d'ailleurs pourquoi leurs blessures ne cicatrisent pas automatiquement pendant leurs combats sous forme lupine ?...

Un mauvais film de loups-garous malheureusement, d'autant plus dommage qu'il y avait de l'envie et de l'idée et que plein de gens se sont bien décarcassé à bosser dessus dans l'ombre (cf le making of).

Où on se dit qu'un scénariste (celui d'X-men et X-Men 2 en l'occurrence) ne fait pas nécessairement un bon réalisateur... ni un bon scénariste sur ses propres projets. En même temps, c'est une création originale alors que jusqu'à présent, le mec donnait dans l'adaptation et ceci explique peut-être cela...

Par ailleurs, les gens interviewés dans les bonus parlent systématiquement de ce que le réa aurait voulu faire et jamais de ce qu'il a fait... Lui le premier.

Étrange, non ?

Alors pour encore plus de frissons (ou tout simplement un petit peu de frissons plutôt que des fous-rires, même si aucun loup ne "s'imprègne" comme dans Twilight), allez jeter un œil par ici :

WOLVES

Réalisé par : David Hayter / Genre : épouvante, horreur / Nationalité : Canadien.

Casting : Lucas Till, Jason Momoa, Merritt Patterson...

Date de sortie en vidéo : 04 Mars 2015 / Éditeur : TF1 Vidéo / Durée : 1h31min

Commenter cet article

landy 31/01/2017 23:02

Vraiment fantastique

coucousine 21/05/2015 11:43

Le film aurait-il été différent si Cayden avait été "imprégné" par Angel comme tout bon wolf qui se respecte?
Bravo, pour la magnifique fléchette "comme par hasard", très bonne description