Les infiltrés de Martin Scorsese

Publié le par Elod LCH

En voilà un neo-Scorsese* qu'il est bien !

Les infiltrés de Martin Scorsese

C'est vrai qu'au début on peut se demander si Scorsese n'a pas pris la liste d'attente des acteurs super connus qui voulaient tourner avec lui en décidant d'en caser un maximum (à croire qu'on venait de lui diagnostiquer une maladie incurable et qu'il pensait que c'était son dernier... Thèse que pourrait corroborer l'académie des Oscars qui lui a refourgué celui du meilleur film et du meilleur réalisateur cette année-là, ce qui, après le César d'honneur en 2000, sentait définitivement le sapin... Et diagnostic qui s'est donc avéré erroné ce qui lui a malheureusement permis de commettre Le loup de Wall Street 7 ans plus tard).

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Vannes vaseuses mises à part, la distribution est impeccable :

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Alec Baldwin, Martin Sheen ou Mark Wahlberg sont très bons, Leonardo DiCaprio retrouve un rôle d'agneau-qui-se-tape-de-bons-gros-flips-au-milieu-des-loups dans lequel il excelle (et qui lui permet de faire son regard mi-mouillé mi-apeuré en fronçant les sourcils plein de fois...

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Et pour lequel ils pourraient quand même créer une sorte d'Oscar spécial), Nicholson est magistral et même Matt Damon, avec sa tête proprette à manger des coups de savates, est parfait dans son rôle de connard.

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C'est aussi vrai que je n'ai pas vu l'original, le premier film de la trilogie hongkongaise Infernal Affairs (paraît que c'est mieux) et que donc, partant du principe que je n'avais pas de points de comparaison, je n'avais pas matière à être déçue (et si ça c'est pas une belle lapalissade !).

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Ainsi, ce que le film perd en rythme, passé la première heure, il le gagne en profondeur et en intensité dans la seconde partie (même si le réalisateur cède parfois à la facilité dans les métaphores visuelles sur le morcellement de la personnalité, la perte d'identité et ce putain de rat sur la rambarde), ce qui permet de captiver le spectateur (aspect non-négligeable pour l'homme qui ne savait pas torcher ses films en moins de 2h).

Les infiltrés de Martin Scorsese

Un film sur le concept de la bi-taupe, avec de la tension, de l'irlandais, de la mort violente et brutale, du suspens, des dialogues au cordeau, de la mise en scène saccadée, de la BO efficace, de l'explosion de boîte crânienne, des confrontations d'anthologie, bref comme dans un vrai bon film de Scorsese donc.

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Ce qui m'a clairement donné envie de combler mes lacunes dans sa filmo et de m'en refaire certains... Et peut-être même d'écrire un vrai dossier dessus dans la foulée (et là, foule en délire, "un dossier, un dossier, un dossier !"... Ouais bon d'accord, si vous êtes sages).

* J'entends par là "période Di Caprio" : outre la perf de Daniel Day-Lewis, je n'avais pas vraiment accroché sur Gangs of New York (mais ça mériterait peut-être une nouvelle vision), Shutter Island n'était pas si mauvais (surtout quand on aime les thrillers et qu'on a un gros côté psychopathe refoulé), Hugo Cabret était bien mais pas top et j'ai fait l'impasse sur Aviator.

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