LES HUIT SALOPARDS de Quentin Tarantino [critique]

Publié le par Odi-Wan

Permettez-moi tout d'abord un très léger ego trip afin de recadrer l'état d'esprit dans lequel je regardai cette œuvre :

Étant donné que je n'avais pas pu encaisser pour moult raisons diverses et variées ses deux précédents films, INGLORIOUS et DJANGO (ne me tuez pas, j'ai des enfants !), je ne partais pas complètement gagnante avec ce dernier film de Quentin Tarantino. C'est d'ailleurs peut-être pour ça que je n'avais rien écrit dessus (j'aime bien me faire insulter mais y'a des limites au masochisme) et que j'ai attendu le passage de THE HATEFUL EIGHT sur Canal (à moins que ce soit pour faire semblant d'en amortir l'abonnement)...

Mais bon voilà, tenaillée entre l'énervement mâtiné de tristesse provoqué par ses récents opus et la nostalgie de ses plus anciens, entre l'envie de le voir et la crainte que ce soit tout pourri, j'avais hâte et un peu peur. J'avançais donc d'un pas décidé mais en fermant les yeux.

Après avoir mangé quelques formidables pelles, je le visionnai enfin, en plusieurs fois parce que, putain, 2h40 quoi.

Et donc malgré toute mon appréhension et tout le mal que j'avais entendu sur le sujet (merci LE MASQUE ET LA PLUME : du tréfonds de mon lit d'hopital, vous m'aviez drôlement fait marrer), ben je ne me suis pas emmerdée. Pire : il y a même des trucs vachement bien là-dedans, en dehors de la BO magistrale de Monsieur Ennio Morricone évidemment.

LES HUIT SALOPARDS de Quentin Tarantino [critique]

Alors bien sûr que c'est très vain et qu'on retrouve toujours ce souci de réalisme dans les menus détails, dans les actions qui ne réussissent jamais du premier coup, dans les répliques ordurières, dans les choses simples qui sont nécessairement compliquées... Exactement comme dans la vraie vie.

Avec en parallèle cette passion contradictoire du réalisateur pour le sang qui gicle et les boites crâniennes qui éclatent comme des pastèques, de façon volontairement ultra gore, violente, gratuite, gerbouillante et outrancière mais aussi étrangement irréelle.

Et puis il y a toutes ces discussions improbables, dans lesquelles Quentin est passé maître et qui font que ça dure des plombes. À croire, si l'on était médisant, qu'il chercherait à sortir systématiquement un dialogue culte dans chacun de ses films.

Remarquons également ce côté très auto-parodique mélangé à une qualité d'image incroyable, une sorte de pastiche à très gros budget et avec une volonté artistique derrière. Parce que comme dans LA CITÉ DE LA PEUR, le Quentin ose les ralentis avec des gens qui parlent dedans ("et revoualà la sous-préfèteuh..."), le résumé live en voix Off ("pendant ce temps, à Vera Cruz"), voire le commentaire explicatif comme dans les documentaires ("né à Oran...").

Alors c'est aussi certain qu'on a un peu l'impression de l'avoir déjà vu plein de fois ce film, réalisé par le même type, avec les mêmes acteurs et en transposant simplement le genre pillé. Mais le résultat est tout de même bien déconnant avec un très gros côté mi-bourrin mi-foutage de gueule assumé, bien que parfaitement conscient de son second degré, avec ce sempiternel couplet à la fois horripilant et attirant du bonhomme, "je fais des films-hommages hyper trashy et référencés mais avec vachement de recul en fait".

Et puis il y a cette musique...

L'Ultima Diligenza per Red Rock

Publié dans film, Tarantino

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