PIRATES DES CARAÏBES 5 : LA VENGEANCE DE SALAZAR de Joachim Rønning et Espen Sandberg via Disney [critique]

Publié le par Odi-Wan

Les pirates à la chemise astucieusement entrouverte sur torse glabre sont de retour pour un cinquième opus !

PIRATES DES CARAÏBES 5 : LA VENGEANCE DE SALAZAR de Joachim Rønning et Espen Sandberg via Disney [critique]

Et cette fois-ci, turn-over générationnel oblige histoire de nous coller encore une petite palanquée de films, le petit mec de GODS OF EGYPT à la musculature à peine exagérée avec son cou et sa mâchoire coordonnés se retrouve être le fils d'un Orlando Bloom sous cortisone et d'une Keira Knightley qui fera une apparition finale, à se demander ce qu'elle foutait pendant tout le film et si elle n'est pas venue là juste pour cachetonner 30 secondes.

PIRATES DES CARAÏBES 5 : LA VENGEANCE DE SALAZAR de Joachim Rønning et Espen Sandberg via Disney [critique]

Mais tout ceci ne serait que pure médisance dans laquelle nous ne nous vautrerons évidemment pas.

Grâce à de savants calculs compliqués réalisés dans son cours de LV1, mathématiques renforcées, et bien avant de devenir un adepte de Tibo InShape qui n'aurait pas bien intégré la sainte trinité riz-dinde-haricots verts pour devenir énorme ET sec (DAAMN !), Henry Turner, alors enfant, parvient à retrouver le Hollandais Volant, mais pas Johan Cruyff, l'autre : le navire de son papounet précédemment envoyé par le fond. Il se rend sur les lieux du naufrage en chaloupe et plonge, lesté par des gadins, pour atterrir sur le pont vermoulu du bateau (les enfants de pirates n'étant pas soumis aux paliers de décompression). Le navire se renfloue comme par magie (pourquoi "comme" ?) et le jeune Henry explique alors à son mort-vivant de père qui a des lichens qui lui poussent sur la gueule qu'il s'en va quérir le trident de Poseidon qui permet d'annuler toutes les malédictions maritimes.

PIRATES DES CARAÏBES 5 : LA VENGEANCE DE SALAZAR de Joachim Rønning et Espen Sandberg via Disney [critique]

Son père refuse en lui demandant de retourner auprès de sa mère afin de prendre soin d'elle (ce qui pourrait sous-entendre, si l'on versait dans la calomnie, qu'il faudrait peut-être songer à la surveiller un peu s'il ne veut pas se retrouver avec une flopée de petits frères et sœurs illégitimes). Henry n'écoutant que son courage se promet alors de retrouver Jack Sparrow pour qu'il l'aide à réaliser son projet : sauver son père, sauver la cheerleader, sauver le monde.

PIRATES DES CARAÏBES 5 : LA VENGEANCE DE SALAZAR de Joachim Rønning et Espen Sandberg via Disney [critique]

Neuf ans et quelques tonneaux de créatine plus tard, par le truchement d'un scénario habilement ficelé, Henry retrouvera Jack Sparrow, ainsi qu'une jolie jeune femme accusée de sorcellerie pour pratique illégale de l'astronomie (non mais quelle idée quand on est une fille aussi ?), à la recherche de son père qu'elle n'a pas connu et dont le seul héritage est une mystérieuse carte qui permet de mener au fameux trident.

Oh ben ça ça tombe bien alors !...

Parallèlement, le fantôme du méchant Salazar en forme de Javier Bardem et son équipage chasseur de pirates tout aussi mort que lui jurent solennellement de retrouver Jack Sparrow afin de se venger (d'où le titre en VF).

PIRATES DES CARAÏBES 5 : LA VENGEANCE DE SALAZAR de Joachim Rønning et Espen Sandberg via Disney [critique]

Que vaut donc cette quatrième séquelle de PIRATES DES CARAÏBES ?

Et bien si l'on arrive à passer outre le running gag sur l'adjectif "putatif" et les innombrables bonnes grosses vannes de cul...

– Aucune femme n'a jamais touché à mon télescope. (...)
– Un unijambiste avec d'énormes boules ? Ça doit être pour ça qu'il boite. (...)
– Ça vient, je le sens, ça vient. (...)
– S'il a rétréci c'est surement parce qu'il fait froid. (...)

Florilège.

Et puis si l'on omet le Johnny Depp rajeuni par CGI (ROGUE ONE n'a peut-être pas fait que du bien) qui tire un frein à main avec le bateau façon FAST AND FURIOUS CARRIBEAN ÉDITION...

PIRATES DES CARAÏBES 5 : LA VENGEANCE DE SALAZAR de Joachim Rønning et Espen Sandberg via Disney [critique]

Ainsi que le méchant Salazar qui passe son temps à menacer Barbossa et puis...

Finalement je ne vais pas te tuer, je vais plutôt te raconter ma vie.

Et c'est ce qu'il fit.

Si l'on oublie cette sensation étrange et pénétrante que l'intégralité des scènes navales ont été tournées à Aqua-splash ( -tika, -land, -boulevard, au choix)... Ou ces magnifiques retrouvailles père-fils à base de :

Laisse moi te regarder... Comment as-tu fait ?

Bah, j'ai pris des prots.

Si l'on évite de penser à ALIEN lorsque le vaisseau fantôme fait des gros hugface à la flotte de Barbossa... Si l'on néglige ce problème de luminosité récurrent et inhérent à l'obscurité recréée en studio qui fait qu'on ne voit strictement que dalle de ce qui se passe à l'écran...

Et si l'on se concentre uniquement sur les effets numériques réussis comme le visuel de l'île-constellation, l'animation des requins fantômes ou celle d'un Salazar vaporeux dont les cheveux et les vêtements flottent comme s'il était perpétuellement sous l'eau...

PIRATES DES CARAÏBES 5 : LA VENGEANCE DE SALAZAR de Joachim Rønning et Espen Sandberg via Disney [critique]

Si l'on se focalise sur la beauté des bateaux et des costumes (et pas uniquement sur le fait qu'ils soient bien trop lisses, propres, neufs et factices pour être honnêtes), si l'on reconnaît que Johnny Depp en fait nettement moins des caissons qu'à l'accoutumée, on sera face à un vrai bon divertissement familial qui sent certes un peu trop le savon et pas assez le flibustier, et qui ressemble légèrement à s'y méprendre à un grand tour de manège, un peu carrément comme dans une attraction d'un parc à thème célèbre qui serait d'ailleurs à l'origine de tout ce joyeux merdier.

Oh ben merde alors : on avait dit qu'on serait pas médisants !...

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