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MILLENIUM : CE QUI NE ME TUE PAS de Fede Álvarez [critique]

Lisbeth is back !

Pour les trois du fond qui n’auraient pas suivi, Lisbeth Salander c’est l’héroïne de la (très bonne) trilogie littéraire Millenium de Stieg Larsson (Millennium en VO), publiée à titre posthume et qui a connu un succès mondial il y a... pfiouuuu... une dizaine d’années (le temps file).

MILLENIUM : CE QUI NE ME TUE PAS de Fede Álvarez [critique]

C’est aussi l’héroïne de la (non moins excellente) transposition cinématographique et télévisuelle (les films ayant ensuite été redécoupés en épisodes) dano-suédoise puis dano-suedo-germanique avec feu Michael Nyqvist dans le rôle de Mikael Blomkvist, célèbre journaliste à la revue... *roulement de tambour*... Millenium !

Et Noomi Rapace, parfaite dans celui de Lisbeth...

Lisbeth qui est aussi forcément l’héroïne du remake pas franchement indispensable du premier volet, Les Hommes qui n'aimaient pas les femmes (The Girl with the Dragon Tattoo en VO), par David Fincher (remake qui n’apportait pas grand-chose à l’affaire si ce n’est confirmer que les américains ne peuvent pas consommer un produit européen sans le réécrire à leur sauce... et pourtant j’aime bien Fincher).

Fort de ce succès et Stieg Larsson n’étant plus vraiment dispo pour faire encore raquer la poule aux œufs d’or, la maison d’édition des trois premiers bouquins a eu la riche idée d’engager le brave David Lagercrantz pour pondre une suite à la saga initiale dont Larsson avait tout de même prévu d’écrire dix volumes avant d’être coupé dans son élan par une malencontreuse crise cardiaque.

MILLENIUM : CE QUI NE ME TUE PAS de Fede Álvarez [critique]

Alors cette suite était-elle nécessairement nécessaire ?

Trouvant que la fin de Millenium par le Stieg se suffisait à elle-même et que c’était même plutôt intéressant, pour une fois, de laisser plein de questions en suspens, de ne pas donner toutes les réponses, de ne pas tout surexpliciter, de laisser la place à la réflexion, à l’appropriation et à l’imagination (même si ça n’était pas réellement la volonté de son auteur... et pour cause), j’aurais tendance à répondre non (de mon propre point de vue et à mon humble avis personnel à moi personnellement).

Quant à sa qualité, je serais bien gonflée d’en juger puisque, échaudée également par la « suite » d’Harry Potter qui démontrait magistralement qu’il y a des choses qui se doivent de rester tues et implicites, j’avais choisi de ne pas lire ce quatrième tome.

Voilà pourquoi j’étais donc vierge de tout quatrième volet de la saga Millenium avant de voir ce film (et non, cette lonnnnnngue introduction n’avait absolument pas pour but de meubler).

Mais alors Millenium : ce qui ne me tue pas version cinoche ça donne quoi ?

Et bien était-ce parce que j’étais toute enthousiaste à l’idée de retrouver Lisbeth que j’ai partiellement perdu tout sens critique ou bien parce que j’ai subi un manque d’oxygénation cérébrale impromptu mais toujours est-il que j’ai été plutôt agréablement surprise.

Bon pas non plus surprise au point de crier au génie en me tapant le cul par terre, hein (car oui : on peut parfaitement avoir des réactions surprenantes et inappropriées face à un chef-d’œuvre)...

J’ai donc été surprise en bien, disais-je, et ce même si aucun acteur d’origine n’a repris son rôle (surtout Michael Nyqvist qui aurait pu faire un effort), que les personnages de la saga littéraire ne sont pas respectés (Youpi ! Tout le monde a le même âge !), que moult situations sonnent légèrement voire carrément improbables, que l’ensemble n’est pas complètement cohérent, que l’espace-temps n’est pas tout à fait le même que le nôtre, que Lisbeth c’est un peu Batman, que toutes formes d’aspérité politique et de critique sociétale ont été gommées, que les voitures de luxe n’ont aucun traceur...

— Oui mais Lisbeth, elle est super fortiche en piratage informatique alors elle a très bien pu...
— OH TOI TA GUEULE !

... Que l’entièreté du film est tout de même rudement moins crade, moins glauque, moins violente, moins authentique, moins sombre, moins trash, moins vicieuse, moins perverse... Plus aseptisée, édulcorée, lisse et prévisible au fond, plus « manichéennisée » en somme. Plus américaine et moins européenne, tout simplement.

Et pourtant, alors que tous les ingrédients étaient réunis pour allègrement chier sur le film, son ascendance et la tombe de Stieg Larsson, je n’ai pas détesté.

Peut-être est-ce aussi parce que ma lecture des romans remonte désormais à loin que je suis nettement moins à cheval sur leur respect drastique, et que j’ai eu une bien moindre propension à maudire le réalisateur, les acteurs, le producteur, le scénariste et tous les membres de leurs familles sur plusieurs générations.

MILLENIUM : CE QUI NE ME TUE PAS de Fede Álvarez [critique]

Ainsi, Millenium : ce qui ne me tue pas, que vous pouvez retrouver grâce à Sony Pictures France en DVD, Blu-Ray, Blu-Ray 4K Ultra HD, coffrets Millenium (en duo avec la version Fincher) et VOD depuis le 14 mars, ne fera sans doute pas partie du meilleur des films de 2019 (faut dire que c’est un film de 2018) mais il ne déméritera pas au point de figurer parmi les franches rigolades de l'année, dans un autre genre, celui des films involontairement drôles.

Mais outre le fait qu’il m’a permis de passer un bon moment divertissant sans trop me casser la tête ni les c... ce film m’a donné envie de relire les bouquins (enfin pas spécialement le quatrième).

Et ça, c’est tout de même vachement positif.

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