LES CONTES ET LÉGENDES DE WILL VINTON de Will Vinton (donc) [critique] & [résumé]

Publié le par Odi-Wan

Renseignements pris, rien à voir avec Will Weaton (pour ceux qui regardent THE BIG BANG THEORY... Ou STAND BY ME, cette référence étant sûrement bien plus honorable).

LES CONTES ET LÉGENDES DE WILL VINTON est une sorte de recueil en DVD de plusieurs courts métrages d'animation vintage en pâte à modeler pour la plupart et en VOST (sorti le 5 novembre 2016 et édité par Les films du paradoxe), datant de la fin des années 70 et du début des années 80.

Ainsi, dans la partie du menu intitulée « LES CONTES », vous découvrirez :

– une version du PETIT PRINCE en anglais, avec des inserts illustratifs psychédéliques pour rajouter de la métaphore à la métaphore et donc pas franchement nécessaires (le ballet de deux adultes comme une sorte de parade nuptiale pour symboliser la relation de la rose et du gamin, ou l'amitié du renard et de l'enfant en mode PETIT BLEU ET PETIT JAUNE de Léo Lionni).

LES CONTES ET LÉGENDES DE WILL VINTON de Will Vinton (donc) [critique] & [résumé]

Un résumé de l'œuvre initiale un peu bordélique, où l'on n'est pas certain que si les gosses ne connaissent pas l'histoire, ils puissent y comprendre quelque chose.

Une adaptation techniquement plutôt chouette pour l'époque mais qui n'a pas très bien vieilli, et qui a le mérite de n'avoir pas changé la fin du conte d'origine comme le film d'animation récent qui donnait légèrement envie de dégueuler.

Ou alors c'est juste qu'on se rend compte qu'on est buté comme une grosse merde avec son purisme obsessionnel (saleté d'enfance traumatisante) de la version 33 tours par Jean Marais (avec surtout la voix de Jean Topart) et que par conséquent on a du mal quand on touche à cette histoire.

L'avis du public-cible (6 ans) :

Ça fait pas un peu mal aux yeux ?

Non ma chérie, c'est juste qu'il faut le regarder bourré. Allez, viens, je vais te servir un godet.

Et l'on découvre dans un éclair de lucidité toute enfantine que Will Vinton serait en réalité le créateur de l'ancêtre des Teletubbies, ce programme pour retour de soirée complètement déchiré.

– MARTIN LE CORDONNIER est une adaptation de Tolstoï période mystique et narrée par sa fille. Un récit avec des bonshommes qui picolent sec aux visages ridés peut-être un poil trop réalistes. Où l'on se rend compte qu'on parlait nettement plus frontalement de choses cruelles il y a 35 ans (bon, en même temps, c'est Tolstoï) : L'histoire d'un type dépressif à la limite de la TS qui est frappé par la grâce divine et qui se met à traquer les passants à travers le soupirail de sa boutique puis à les séquestrer dans son sous-sol, tout ça parce qu'il est persuadé que Dieu va lui rendre visite et que, ne connaissant pas son apparence, dans le doute, il va faire du zèle avec n'importe quel quidam. Comme il découvre que Dieu se cache en chacun des gens qu'il a aidé, du coup il accepte de faire la teuf avec son autre pote vieux.

LES CONTES ET LÉGENDES DE WILL VINTON de Will Vinton (donc) [critique] & [résumé]

– RIP VAN WINKLE commence sur les chapeaux de roues par une chanson qui raconte que les anglais sont des bons à rien tandis que les hollandais sont des bosseurs, et avec cet aphorisme que je songe de plus en plus à me faire tatouer sur le front :

Il y a de la vertu à être vertueux...

Et tant va la cruche à l'eau qu'à la fin la caravane passe.

LES CONTES ET LÉGENDES DE WILL VINTON de Will Vinton (donc) [critique] & [résumé]

Rip Van Winkle est un branleur notoire qui finit par se taper un trip sous acide avec une compagnie de SDF dans la forêt et une montagne lorgnant dangereusement sur Méliès.

LES CONTES ET LÉGENDES DE WILL VINTON de Will Vinton (donc) [critique] & [résumé]

Notons d'ores et déjà que l'alcool et la prise de substances illicites sont un thème récurrent de l'œuvre de Will Vinton.

Une fois les effets psychotropes dissipés, il se réveille vieux (c'est dire l'efficacité du truc). Du coup, tout le monde est mort sauf son proprio mais comme il lui chante une nouvelle chanson, il ne lui doit plus rien. Il l'héberge même gratuitement et après il devient le père Castor du village jusqu'à sa mort.

– LE CADEAU DE NOËL est l'histoire d'un garcon, sorte d'ersatz de la petite fille aux allumettes, qui regarde à travers les vitrines appétissantes des pâtisseries ou extrêmement flippantes des magasins de jouets, et les fenêtres chez les gens qui font la fête pendant qu'il se pèle dans la rue le soir du réveillon de Noël. Il finit par partager son pain et son fromage avec une vieille toute seule qui lui offre le gîte et le fait picoler (thème récurrent) pour certainement abuser de lui en off.

– enfin DINOSAURE met en scène une salle de classe où c'est presqu'autant le bordel que dans la mienne et l'exposé hystérique d'un gamin sur les gros reptiles préhistoriques.

Dans la partie « LES BONUS » du menu, vous découvrirez :

– CLOSED MONDAY, l'histoire d'un type complètement bourré (thème récurrent) qui visite une expo d'art moderne et se tape des hallucinations psychédéliques (2ème thème récurrent) sur les tableaux. Avec toujours ce côté un brin effrayant (3ème thème récurrent) et ce pseudo-réalisme des visages en pâte à modeler ravinés par la vie et les excès pas très engageants (4ème thème récurrent).

– LA MONTAGNE MUSICALE nous montre un groupe de hippies qui jouent du plagiat de Pink Floyd en pleine forêt, tellement déchirés que la guitare electrique n'a même pas besoin d'être branchée. Comme Woodstock n'a pas fait que du bien, les animaux leur répondent. Mais au bout d'un moment, le volcan voisin pète une durite et leur crame la gueule. Et mon fils de 2 ans est traumatisé.

– GREAT COGNITO, c'est tout bonnement le sketch d'un moustachu qui fait du stand up et dont le visage en pâte à modeler se métamorphose pour illustrer chacune de ses vannes dans une ambiance hystérique (5ème thème récurrent).

– CRÉATION est, comme son nom l'indique, le récit de la création du monde au sens créationiste du terme, sans pâte à modeler mais avec du morphisme de portraits à la peinture à l'huile dont le nom du style pictural m'échappe.

– EN HÉRITAGE, enfin, est le pendant évolutionniste du court métrage précédent mais en pâte à modeler cette fois.

En résumé, des courts métrages inégaux et un peu datés, pas forcément pour les enfants, avec des substances licites et illicites, des hallucinations parfois flippantes, des visages marqués par le temps, et de l'hystérie, plein. Sauf si bien sûr vos enfants aiment ça ou qu'ils ont souffert d'un syndrome d'alcoolisation fœtale.

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coucousine 02/02/2017 21:13

Ça a l'air fort gerbe! Rien que l'affiche ( une motte crotte ou crotte motte). c'est le genre de truc qu'il faut regarder quand on a envie de vomir et qu'on ose pas enfoncer les doigts pour se soulager.
J'ai fait un petit gloussement à chaque "thème récurrent".