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LA TERRE d’Emile Zola [contre-profil d’une œuvre] #5

Précédemment dans la première partie de LA TERRE : cliquez ici.

Précédemment dans la deuxième partie de LA TERRE : cliquez ici.

Précédemment dans la troisième partie de LA TERRE : cliquez ici.

Précédemment dans la quatrième partie de LA TERRE : cliquez ici.

LA TERRE d’Emile Zola [contre-profil d’une œuvre] #5

CINQUIÈME PARTIE.

Buteau réussit à violer Françoise, enceinte de 5 mois (si on considère que toutes ses tentatives précédentes n’étaient pas des viols). Le souci c’est que Françoise jouit et que Buteau, tout à sa joie, aussi. Alors il oublie complètement de réaliser la manip de sorcellerie qui était censée la faire avorter. Du coup Lise le prend relativement mal et elle tue sa sœur. Comme Fouan a tout vu, Buteau et Lise le tuent aussi. Et comme ils s’y prennent comme des gros manches et que ça ne peut pas passer pour une mort naturelle, ils le crament. Jean est exproprié par les assassins de sa femme alors il se résigne et décide de redevenir soldat. L’amant de la Cognette tue Hourdequin. La Cognette refuse de s’enfuir avec lui alors il lui fout le feu en même temps qu’à la ferme.

LA TERRE d’Emile Zola [contre-profil d’une œuvre] #5

CHAPITRE UN, où, après la donation, Fouan découvre la spoliation de son vivant...

Fouan fait une attaque et les Buteau trouvent ses titres. Ils les lui piquent et, une fois le vieux remis sur pied, refusent de les lui rendre, arguant qu’il avait commencé à les déchirer dans son délire. Après les plaintes à tout le voisinage, les supplications et la chiale inutiles de son père, Buteau finit par le foutre dehors.

CHAPITRE DEUX, où Fouan n’arrive pas à crever...

Fouan erre dans la nuit, le froid et la pluie. Il ne peut pas aller chez Fanny qui avait balancé qu’il reviendrait en rampant et à qui ça ferait trop plaisir, ni chez Jesus-Christ parce que La Trouille la lui fout trop, justement, ni chez Françoise et Jean qui l’ont précédemment envoyé bouler pour éviter les emmerdes avec les Buteau, et ni chez les Buteau parce qu’ils n’attendent que ça. Alors il atterrit chez La Grande qui, comme promis au début du roman, lui dit d’aller copieusement se faire enculer. Faut dire qu’elle est encore plus chafouine que d’habitude depuis que son esclave et petit-fils handicapé mental Hilarion a eu le malheur, dans un accès de rébellion, de vouloir la violer (sport national), et qu’elle l’a tué en lui fendant le crâne en deux (2ème sport national).

Après avoir passé la nuit roulé en boule sous la flotte, Fouan, la queue basse, actionne le pilote automatique et rentre au radar chez les Buteau. Il se mure alors dans le silence, à part avec Jules, son petit-fils de 9 ans avec lequel il fait de longues promenades bucoliques entre deux méditations philosophiques sur la mort au milieu de ses anciens champs.

l ne lui restait qu’une sensation vive, persistante : la terre, la terre qu’il avait tant désirée, tant possédée, la terre à qui, pendant soixante ans, il avait tout donné, ses membres, son cœur, sa vie, la terre ingrate, passée aux bras d’un autre mâle, et qui continuait de produire sans lui réserver sa part ! Une grande tristesse le poignait, à cette idée qu’elle ne le connaissait plus, qu’il n’avait rien gardé d’elle, ni un sou ni une bouchée de pain, qu’il lui fallait mourir, pourrir en elle, l’indifférente qui, de ses vieux os, allait se refaire de la jeunesse. 

Allégorie de l’optimisme.

Jusqu’au jour où même le gamin se détourne de lui.

Un soir, Fouan était allé attendre Jules devant l’école, si las, qu’il avait songé à lui, pour remonter la côte. Mais Laure sortit avec son frère ; et, comme le vieux, de sa main tremblante, cherchait la main du petit, elle eut un rire méchant.
– Le v’là encore qui t’embête, lâche-le donc !
Puis, se tournant vers les autres galopins :
– Hein ? est-il couenne de se laisser embêter !
Alors, Jules, au milieu des huées, rougit, voulut faire l’homme, s’échappa d’un saut, en criant le mot de sa sœur à son vieux compagnon de promenades :
– Tu m’embêtes !
Effaré, les yeux obscurcis de larmes, Fouan trébucha, comme si la terre lui manquait, avec cette petite main qui se retirait de lui. Les rires augmentaient, et Laure força Jules à danser autour du vieillard, à chanter sur un air de ronde enfantine :
– Tombera, tombera pas… son pain sec mangera, qui le ramassera…
Fouan, défaillant, mit près de deux heures à rentrer seul, tant il traînait les pieds, sans force. 

Yeaaaah !!!!

CHAPITRE TROIS, où... Oh mais putain c’est quoi ce bordel ?!?

Jean laboure son champ et se lance dans un résumé des 10 dernières années de sa vie passées dans la Beauce. Et même s’il est désormais marié à la femme qu’il aime et même si elle est à mi-grossesse de leur premier enfant, il n’est pas heureux. Pire : il se rend bien compte que malgré la haine familiale, il ne sera jamais qu’un étranger, Françoise ayant renoncé à remplir les papiers pour qu’il puisse hériter de la maison et des terres si elle venait à mourir sans héritier, laissant ainsi le tout à sa sœur. Et ça, La Grande s’est fait un plaisir de le répéter aux Buteau qui n’ont depuis de cesse de fomenter au mieux une sorte d’avortement satanique à base de viol et de prières récitées à l’envers, au pire un assassinat. Et tandis que Jean est chez son ancien patron, où il rencontre la Cognette qu’il aurait bien baisée en souvenir du bon vieux temps s’ils ne s’étaient pas fait surprendre par le berger, Françoise, partie rejoindre son mari sur leur terre, tombe sur sa sœur et son beau-frère. Ni une ni deux, une dispute éclate et Buteau se précipite pour tenter encore une fois de se la faire contre sa volonté et une meule de foin. Sauf que cette fois, Lise s’en mêle et s’assoit sur les jambes de sa sœur pour l’empêcher de bouger. Buteau parvient donc à ses fins sauf qu’il oublie complètement d’accomplir le rituel visant à tuer son futur neveu, tout occupé qu’il est à atteindre un orgasme simultané avec sa partenaire non-consentante qui hurle de plaisir et qui se rend compte qu’elle a toujours été amoureuse de lui.

LA TERRE d’Emile Zola [contre-profil d’une œuvre] #5

Du coup et comme c’était pas suffisamment glauque, Lise, éperdument jalouse, entre dans une colère noire, commence à later la gueule de sa petite sœur et la pousse violemment sur sa faux. La jeune femme enceinte s’empale, le tout sous les yeux du vieux Fouan, planqué derrière la meule de foin. Les Buteau, la croyant morte, s’échappent en courant. Jean découvre sa femme agonisante qui lui jure que c’est un accident et qui implore du regard le vieux Fouan pour que le secret ne sorte pas de la famille dont son propre mari est définitivement exclu. Alors son oncle corrobore sa version des faits.

LA TERRE d’Emile Zola [contre-profil d’une œuvre] #5

CHAPITRE QUATRE, où Françoise crève...

De retour chez eux, Françoise agonise longuement. Jean, en désespoir de cause, tente de lui faire signer le testament. Mais Françoise, butée et bornée comme tous ses congénères, s’applique à faire la morte avant de le devenir.

La terre, la maison, n’étaient pas à cet homme, qui venait de traverser son existence par hasard, comme un passant. Elle ne lui devait rien, l’enfant partait avec elle. A quel titre le bien serait-il sorti de la famille ? 

Ouaip : c’est dégueulasse.

Lengaigne dénonce anonymement Macqueron qui, apparemment, planquait du vin dans sa cave (c’est pas normal pour un type qui tient un bar ?) et qui, en plus d’attendre son procès qui l’enverra sûrement en taule, doit démissionner de son mandat de maire.

LA TERRE d’Emile Zola [contre-profil d’une œuvre] #5

La guerre contre les prussiens se prépare et les jeunes hommes de Rognes participent au tirage au sort pour savoir qui aura la chance d’aller se faire trucider. Nenesse y échappe (faut dire que ses parents avaient payé pour) mais pas Delphin, qui décide de se couper le doigt pour ne pas y aller. Nenesse veut reprendre le bordel des Charles, leur fille Estelle étant morte et leur gendre faisant de la merde. Il propose ainsi de venir travailler pour lui à La Trouille qui ne le prend pas super bien. Tout le monde est fortement bourré, N’en-a-pas (qui en a finalement) ne va pas se marier avec l’instituteur qui, lui, va se faire virer à force de fracasser ses élèves et qui, foutu pour foutu, se paie les paysans dans un grand coup de gueule contre leur connerie séculaire. Et pendant ce temps, Françoise calanche.

CHAPITRE CINQ, où c’est une sorte d’apothéose de merde...

Durant la veillée funéraire, les Buteau viennent prendre les mesures pour réagencer les meubles à leur convenance (même si la moitié d’entre eux est quand même censée appartenir à Jean).

Le soir, l’un et l’autre semblèrent tout à fait rentrés chez eux, et il n’y avait que le cercueil qui les embarrassât, maintenant, dans la chambre dont il barrait le milieu. Ce n’était, d’ailleurs, qu’une nuit à patienter : le plancher serait enfin libre de bonne heure, le lendemain.
Jean piétinait, au milieu de la famille, l’air perdu, ne sachant que faire de ses membres. D’abord, la maison, les meubles, le corps de Françoise avaient paru à lui. Mais, à mesure que les heures s’écoulaient, tout cela se détachait de sa personne, semblait passer aux autres. Quand la nuit tomba, personne ne lui adressait plus la parole, il n’était plus là qu’en intrus toléré.

Et c’est pas fini !

Le lendemain, Lise est beaucoup trop bouleversée pour aller à l’enterrement de sa sœur qu’elle a, rappelons-le, très légèrement tuée de ses blanches mains. Elle en profite donc pour réinvestir la maison et lorsque Jean rentre chez lui après les funérailles de sa femme et de son enfant à naitre, comme il n’était pas suffisamment au 36ème dessous, il trouve porte close. Les Buteau l’envoient chier, l’accusent d’être la cause de tous les malheurs de leur famille et personne ne prend sa défense. Alors, un peu à la manière du vieux Fouan, il part errer dans la Beauce.

Et puisqu’il n’hérite de rien, il faut bien qu’il cherche du boulot. Alors il va à la Borderie trouver Hourdequin. Mais le pauvre bougre n’est plus tout à fait disponible : Tron, l’amant officieux de sa maîtresse, vient tout juste de l’assassiner pour pouvoir profiter de la jouissance exclusive du corps de la donzelle.

Petit retour rapide : la veille, la Cognette a enfin réussi à convaincre Hourdequin de virer le berger. Le vieux voyeur, pour se venger, lui a alors balancé dans les moindres détails l’histoire de cul entre sa gonzesse et Tron (à se demander comment il se démerdait pour toujours être témoin de leurs ébats). Hourdequin qui, même s’il était un petit peu au courant, s’est donc vu obligé de virer également le bonhomme. Sauf que ce gros malin de Tron n’avait pas bien compris que la donzelle n’était absolument pas prisonnière, qu’elle n’avait nullement l’intention de se mettre en couple avec lui et qu’elle cherchait simplement depuis 10 putain d’années à se faire épouser par le propriétaire des lieux afin d’hériter de la ferme et de sortir de sa condition de servante nymphopute. Du coup elle l’envoie se faire foutre, il la menace de revenir la prendre de gré ou de force comme c’est visiblement la tradition dans la région et elle se retrouve un peu comme Jean ou comme une merde (pléonasme ?) : avec que dalle.

Jean repart donc sur les routes.

(...) il songeait à cette grande vérité que, sans les femmes, les hommes seraient beaucoup plus heureux.

Bah faut juste aimer la bite.

Il se dit également que ce serait une bonne idée de se faire embaucher comme jardinier chez les Charles. Mais :

La face digne de M. Charles devint sévère : une situation chez lui à un parent, jamais ! On ne tire rien de bon d’un parent, on ne peut pas taper dessus. D’ailleurs, la place était donnée depuis la veille.

Comme quoi, il est de la famille quand ça les arrange.

Ainsi, il trouve là-bas Nenesse accompagné de son père Delhomme, venu conclure le rachat de leur maison close et demander la main d’Elodie. Mais si les Charles veulent bien lui céder l’une ou l’autre, ils refusent de lui donner les deux car leur pure et vierge petite-fille est toujours persuadée que le commerce familial est une confiserie. Pourtant, elle sort de son silence de niaise effarouchée pour faire enfin comprendre à l’assemblée qu’il faudrait peut-être songer à arrêter de la prendre pour un jambon et qu’elle est parfaitement au courant de la nature des échanges de fluides pratiqués dans le bordel de Chartres. Alors tout le monde exulte et Jean se barre louer une chambre chez Lengaigne.

Mais avant cela, il décide d’aller au moins rechercher ses fringues chez les Buteau, avant de récupérer le reste de ses maigres biens par décision de justice. C’est alors que le vieux Fouan, assis devant l’entrée de la maison, lui donne ce conseil avisé :

– Fous donc le camp ! ils te saigneront, comme ils ont saigné la petite ! 

Qui c’est qui vient de signer son arrêt de mort ?

La nuit venue, alors que toute la maisonnée est endormie, Buteau et Lise stressent leur race d’être guillotinés pour assassinat. N’étant plus à un meurtre près, ils décident naturellement d’éliminer le seul témoin qui pourrait les trahir. Ils vont donc l’étouffer avec un coussin. Mais lorsqu’il le soulève, ils s’aperçoivent que le vieux Fouan a le visage tellement violet que personne ne croira qu’il est mort tout seul comme un grand dans son sommeil. Pas de souci, les deux tourtereaux en ont sous la godasse : il suffit juste de lui cramer la gueule (3ème sport national) ! Et alors que son visage s’embrase, il ouvre les yeux parce qu’il n’était pas tout à fait mort, en fait. Là, les Buteau entendent les hurlements de leurs deux enfants qui, après avoir assisté à toute la scène et s’être mangé une grosse baffe dans la tronche pour la fermer, vont sans doute avoir besoin d’une très, très longue psychanalyse. C’est ainsi que la mort de Fouan passe pour une immolation dans une crise de démence.

LA TERRE d’Emile Zola [contre-profil d’une œuvre] #5

CHAPITRE SIX, où c’est la fin...

Abandonnant aux Buteau ce qui lui appartient, Jean renonce à leur faire un procès ou à les dénoncer aux flics pour leur double-meurtre, soucieux d’en finir avec la Beauce. Il décide ainsi de se réengager et d’aller défoncer du Prussien pour se venger et se détendre un peu.

Les Fouan se pourrissent la gueule lors de l’enterrement du patriarche parce que sa tombe se retrouve au pied de celle d’un type qu’il pouvait pas saquer.

(...) il gueula du milieu de la route que lui seul était un bon fils, puisque les autres de la famille se foutaient de savoir si le père serait à l’aise ou non dans la terre.

Venant de l’assassin du bonhomme, rien à dire : c’est sublime.

Enfin, Tron fout le feu à la Borderie avec la Cognette dedans.

FIN DE LA CINQUIÈME PARTIE.

LA TERRE d’Emile Zola [contre-profil d’une œuvre] #5

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