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LE PETIT CHAPERON ROUGE d’à-peu-près les frères Grimm...

Ou L’ITINÉRAIRE D’UNE ENFANT PSYCHOPATHE.

LE PETIT CHAPERON ROUGE d’à-peu-près les frères Grimm...

Il était une fois une petite fille qui n’avait pas de prénom.

Enfin si, elle devait bien en avoir un mais tout le monde s’en battait jovialement les grelots : comme elle portait une cape à cagoule de couleur rouge afin de bien se faire repérer par toute forme de prédateur dans les bois, d’aucun l’appelait Petit Chaperon Rouge parce que c’est toujours plus sympa la négation d’identité au profit d’une caractéristique vestimentaire, physique ou sociale.

À moins, bien sûr, que chaque habitant de ce bled ne fût caractérisé par ses fringues... Mais dans ce cas, ça voudrait dire que le quidam ne possèderait qu’une seule tenue et un abonnement dégressif au pressing (sauf s’il n’est pas trop regardant niveau hygiène), ou bien la même tenue mais en plusieurs exemplaires. On peut donc dès lors imaginer que la mère était surnommée Joli Tablier Bayadère, la grand-mère Vieille Chemise de Nuit à Fleurs et le prof de sport Survet Champion USA avec Pressions Latérales.

LE PETIT CHAPERON ROUGE d’à-peu-près les frères Grimm...

Mais revenons à notre agneau. De trois choses l’une :

Soit la grand-mère lui a confectionné un capuchon de velours taille 8 ans mais la gamine le traîne depuis sa naissance et il lui est donc allé trop grand pendant les sept premières années de sa vie ;

Soit la grand-mère a utilisé un velours particulièrement extensible de type Spandex poilu qui, très tôt, a fait de la fillette la star de tous les festivals de musique estivaux environnants ;

Soit elle n’en a véritablement hérité qu’à ses 8 piges et s’est donc retrouvée débaptisée en un temps record pour un truc qu’elle va porter maximum six mois étant donné la vitesse à laquelle ça pousse ces bestioles....

Ou alors c’était bien un truc en taille naissance pas franchement extensible (du velours on a dit), elle a bien grandi dedans, et le chaperon devenant au bout d’un moment impossible à retirer (ce qui tendrait à justifier qu’elle le porte en permanence, même en intérieur) c’est pour cette raison que le vêtement est qualifié de « petit » puisqu’il lui enserre gravement le visage et le crâne, empêchant ainsi son cerveau de se développer correctement, ce qui expliquera sans doute pourquoi elle est si conne dans la suite de l’histoire.

LE PETIT CHAPERON ROUGE d’à-peu-près les frères Grimm...

Comme elle était fort redevable à sa grand-mère pour l’avoir affublée de ce si seyant accoutrement, elle fut un jour missionnée par Joli Tablier Bayadère pour aller porter à son aïeule malade une galette et un litron de pinard, seule, dans une cahute au beau milieu de la forêt, avec pour recommandation ultime de ne pas faire n’imp sur le chemin pour ne pas se viander et casser ainsi la bouteille de grand cru millésimé.

Elle se mit donc en route et, dès son arrivée dans la forêt, grâce à sa tenue de camouflage écarlate et discrète, elle rencontra le loup. Comme elle ne se doutait pas que cette engeance à la fâcheuse tendance à bouffer les humains, elle ne se méfia pas et commença à taper la discute avec l’animal et ce malgré son imposante stature plus que probable (puisqu’il réussira tout de même à gober sans mâcher un être humain et demi un peu plus loin).

Ok... Occultons tout d’abord le fait que les animaux parlent parce que sinon on n’est pas sortis du sable. Donc en plus de n’être caractérisée que par son pardessus intégré, la fillette souffre indéniablement d’un défaut d’éducation flagrant puisque personne dans son entourage n’a jugé bon de lui enseigner les dangers que pourrait impliquer la fréquentation d’un canidé sauvage. À moins bien sûr que le périple en forêt ne soit qu’un stratagème extrêmement cruel de la mère pour se débarrasser de sa descendance pas très futée.

Le Petit Chaperon Rouge donna donc innocemment toutes les infos nécessaires au loup pour se rendre chez sa grand-mère, car, comme il venait sans doute d’emménager dans le coin, il n’avait pas encore fait le tour des maisons isolées dans les bois pour en dévorer les habitants (ce qui légitimerait la carence éducative de la petite fille en matière de méfiance vis à vis des prédateurs des forêts puisque personne n’y aurait vu le loup jusqu’alors).

Il ne lui restait plus qu’à trouver une excuse pour ralentir la fillette, s’éclipser pour atteindre la masure avant elle et boulotter ainsi la vieille dame malade sans nullement craindre une quelconque répercussion néfaste sur sa propre santé, alors qu’il aurait suffi d’improviser une partie de cache-cache surprise ou de lui dire « Oh ! Regarde là-bas : un éléphant ! » pour pouvoir détaler pépouze.

Mais non ! Car le loup est joueur avec sa nourriture : il lui fit subtilement remarquer comme les fleurs chantaient et les oiseaux brillaient et qu’il aurait tout de même été dommage de ne pas profiter des trésors offerts si gracieusement par Dame Nature.

Le Petit Chaperon Rouge reconnut (enfin) qu’elle était bien stupide de ne pas s’en être aperçue plus tôt et s’attela à réaliser un joli bouquet de fleurs pour sa grand-mère. Profitant de ce détournement d’attention inopiné, le loup fila donc chez la vieille femme.

Arrivé sur les lieux, on peut supposer qu’il contrefît sa voix pour imiter celle de la petite fille (ou alors la connerie est tout simplement héréditaire dans cette famille ce qui expliquerait d’ailleurs que la mère ait envoyé sa fille vers une mort certaine).

La vieille dame, du fond de son lit, lui intima l’ordre d’une voix faible de tirer la chevillette afin de faire choir la bobinette (ou l’inverse). Le loup s’exécuta et, une fois à l’intérieur, se rua sur la moribonde et l’avala. Il revêtit ensuite sa chemise de nuit, son bonnet et se glissa sous les draps pour attendre l’arrivée du Petit Chaperon Rouge.

Bien, bien, bien... La violence de cette scène ne permet pas d’en distinguer clairement les détails mais le loup a-t-il véritablement pris le temps de foutre la vieille femme à poil avant de l’engloutir ? Ne serions-nous pas ainsi sur une habile métaphore du viol comme dans la version de Charles Perrault ? À moins que, comme supposé plus haut, la grand-mère n’ait eu un dressing contenant plusieurs exemplaires de ses vêtements de nuit ?

Une fois le bouquet réalisé, le Petit Chaperon Rouge se dirigea enfin vers sa destination finale. Elle se présenta et l’on peut deviner que le loup déguisé imita cette fois-ci la voix de la vieille femme (cela-dit, vu le niveau de la fillette, était-ce réellement nécessaire ?) pour lui intimer l’ordre de tirer la chevillette (et la bobinette chut).

Euh, mais attendez : à quel moment le loup a-t-il pris le temps de refermer la porte ?

Le Petit Chaperon Rouge entra dans la maison et se dirigea vers le lit. Bon alors là, soit elle n’avait pas vu sa grand-mère depuis très longtemps, soit la vieille dame souffrait d’une pilosité faciale excessivement développée, soit, comme on a pu l’imaginer, la fillette ne jouissait pas d’un développement cérébral tout à fait satisfaisant à cause de sa capuche, soit tout ceci était parfaitement prémédité par la gamine, pas si innocente que ça... Toujours est-il que, feint ou pas, elle ne reconnut pas, d’emblée, le loup.

À la rigueur, elle l’interrogea vaguement sur la taille de ses oreilles, de ses yeux, de ses mains et de son nez (ce sont des pattes et un museau, sombre conne !) pour enfin demander à son aïeule les raisons de la présence étrange d’une gueule aux crocs acérés vers la partie inférieure de sa face qui s’avéreront en mousse par la suite et se faire tout à coup dévorer par le loup.

C’est pour mieux te manger !

Formule consacrée.

LE PETIT CHAPERON ROUGE d’à-peu-près les frères Grimm...

Comme le loup était fort bien repu, il s’endormit. C’est alors que Gros Treillis Imprimé Camouflage, un chasseur qui passait par là parce qu’il était tout simplement le plan cul régulier de la mémé, fut interloqué par les ronflements de gros sac qui émanaient de la maison et qui n’étaient pas du tout habituels chez sa douce amante lorsqu’elle s’endormait du sommeil du juste après leurs coïts échevelés. Il se décida donc à pénétrer non pas dans l’aïeule mais dans sa masure, ce qui est déjà un bon début. Là il découvrit un loup transformiste à la proéminence ventrale démesurée vautré sur le lit. Son sang ne fit qu’un tour :

Ha ha ! Tu es là, sale vaurien !

Ce qui contredit totalement le fait que le loup venait d’emménager dans le quartier... À moins que Gros Treillis ne le traque depuis des années dans toutes les forêts du coin ce qui justifierait sa surprise de le trouver là où il ne s’attendait pas à le voir, si tant est qu’on puisse s’attendre à voir un loup habillé en chemise de nuit endormi sur un lit.

Là, au lieu de laisser libre cours à son propre instinct de tueur et d’abattre le faquin sans sommation avant d’aller renouveler son inscription sur vieillessalopesdesbois.com, il se dit que le corps de sa dulcinée était peut-être encore chaud et pas trop mâchouillé et qu’il pourrait encore lui être profitable. Il se décida donc à ouvrir le ventre du loup avec des ciseaux, faisant fi de toute compétence anatomique ou chirurgicale.

LE PETIT CHAPERON ROUGE d’à-peu-près les frères Grimm...

Au bout du troisième coup de ciseaux (le loup avait décidément le sommeil très lourd, ou bien la maladie de la grand-mère avait eu un effet psychotrope et anesthésiant sur son organisme, sitôt commencée la phase de digestion), Gros Treillis découvrit le sommet du chaperon qui luisait (je vous laisse quelques instants pour savourer les raisons de cette luisance).

Il continua à couper pour dégager la fillette qui n’était donc morte ni broyée ni asphyxiée mais avait plutôt été gobée toute habillée. Il dégagea ensuite son ascendante qui, contre toute attente, n’était pas à poil. Là, sans aucune raison si ce n’est s’adonner à son penchant pour la cruauté envers les animaux, la gamine décida de remplir l’orifice abdominal du loup narcoleptique avec des grosses caillasses et de recoudre son ventre, entraînant par là-même le suicide collectif de plusieurs congrégations de vétérinaires et de chirurgiens, sacrifiés sur l’autel de l’invraisemblance.

Le loup se réveilla enfin et, entraîné par le poids des pierres et non par l’amateurisme barbare de l’intervention qu’il venait tout juste de subir, se croûta en avant et tomba raide mort sur le sol sous les hourras de la vieille et de son amant qui, tout en se pelotant, se pochtronnaient la gueule à grandes rasades de gros rouge et les petits rires sadiques et hystériques du Petit Chaperon Rouge, sautillant sur place en battant des mains.

Point de morale en rimes ici sur la vile bienveillance supposée des prédateurs sexuels comme chez Charlie Perrault, grâce à l’intervention providentielle de Jean-Michel Fusil qui réussit donc à détuer (voire à dévioler) les deux captives.

Et c’est ainsi que, forte de ces multiples expériences traumatiques, le Petit Chaperon Rouge Sang promit de ne plus jamais s’écarter du droit chemin. En revanche, elle prit goût à la torture et, grâce à la maltraitante vestimentaire dont elle continua d’être la victime et qui entraîna une atrophie cérébrale irréversible, elle devint par la suite la plus grande tueuse en série de la région.

LE PETIT CHAPERON ROUGE d’à-peu-près les frères Grimm...

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